LA REVUE américaine « Archives of Otolaryngology - Head & Neck Surgery » s’intéresse ce mois-ci, par deux articles, aux implants cochléaires chez les enfants. Le premier sous la plume de médecins parisiens, s’est penché sur les complications. Il en a conclu aux rôles des traumatismes locaux et des malformations congénitales dans leurs survenues. Le second, d’origine canadienne, s’est inquiété du contrôle tonal de la voix après l’implantation. Il en a conclu à l’amélioration avec le temps. À chaque fois, les auteurs rappellent qu’un implant cochléaire convertit les sons en impulsions électriques transmises au nerf cochléaire, qui les achemine vers les aires de l’audition.
L’âge était de 4,7 ans.
Natalie Loundon et coll., à l’hôpital Armand-Trousseau, ont enrôlé 434 patients ayant bénéficié d’un implant cochléaire entre 1990 et 2008. Au moment de l’intervention, si tous avaient moins de 16 ans, la moyenne d’âge était de 4,7 ans. Le suivi a duré en moyenne 5,5 ans. Les complications ont été classées selon deux types de critères : précoces (0 à 8 jours) ou retardées (au-delà de 8 jours) ; sévères (réhospitalisation ou prolongation du séjour) ou graves.
En tout, 9,9 % des jeunes patients (43 cas) ont déclaré une complication. Dans 65 % des cas (n = 28) elles étaient retardées, survenant en moyenne dans les 2,2 ans ; dans 30,2 % des cas (n = 13) elles ont conduit à une nouvelle implantation. Sur les 24 formes sévères enregistrées, il s’est agi à 15 reprises d’une infection sévère, pour le reste les ORL français rapportent des déplacements de l’aimant, des méningites… Les complications mineures ont été moins fréquentes concernant 19 patients (vertiges, infection, inflammation locale, paralysie faciale).
Surtout cette analyse prospective a mis en évidence un lien significatif entre un traumatisme de la région mastoïdienne (n = 14) et des complications tardives sévères, ainsi qu’une relation entre une malformation de l’oreille interne (n = 51) et des complications mineures précoces.
Bonne nouvelle, l’âge de l’intervention n’influe pas sur ces divers incidents. En revanche, ce taux de complications, notamment plusieurs années plus tard, incite à recommander un suivi médical sur le long terme associé à une bonne information du jeune patient et de sa famille.
S’intéressant davantage à l’aspect relationnel post-implantatoire, Theresa Holler et coll. (Toronto) se sont penchés sur la vocalisation après l’intervention. En effet, l’implant cochléaire ne recrée pas une audition naturelle, il y ajoute un « retour » des sons. Cet indicateur auditif s’avère fondamental pour le patient. Il lui permet de contrôler sa voix, notamment de l’ajuster correctement.
Prononcer la lettre « a ».
L’équipe a donc enrôlé 27 enfants de 3 à 15 ans, implantés bilatéralement. Il leur a été demandé de prononcer la lettre « a » pendant 3 secondes, à un niveau qu’ils jugeaient confortable. Le test était répété trois fois de suite, puis l’ensemble était analysé. Des enfants porteurs d’un seul implant et d’autres normo-entendants servaient de témoins.
Comme les enfants appareillés d’un seul côté, les participants testés avaient un moins bon contrôle de la hauteur de leur voix et de son volume par rapport aux témoins. Mais le travail conclut de façon optimiste, puisque cette difficulté vocale s’amende avec le temps, en fait avec la durée d’utilisation de l’appareillage. Néanmoins, une assistance orthophonique ne peut qu’être bénéfique sur ce plan.
Arch Otolaryngol Head Neck Surg. 2010 ; 136 (1) 12-15 et 17-21.
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