UNE VISION restreinte de la SLA consiste à la considérer uniquement comme un processus inéluctable de perte cellulaire. D’ailleurs, beaucoup de travaux se sont concentrés là-dessus. Mais la réalité physiopathologique de la maladie est plus complexe : la perte cellulaire s’accompagne de phénomènes compensatoires. Des chercheurs français (Pierre-François Pradat et coll.) ont creusé cette voie, dans l’objectif de trouver des médicaments « qui favorisent les phénomènes compensatoires positifs ».
Dans des travaux antérieurs, l’équipe, en collaboration avec celle du Dr Loeffler à Strasbourg, avait montré un taux réduit d’une protéine qui inhibe la croissance des axones vers leurs cibles musculaires (lire « le Quotidien » du 5 juin 2008). Bloquer cette protéine peut-il favoriser la croissance des fibres ? Pour répondre à cette question, un essai thérapeutique a été mis au point pour évaluer l’effet d’un anticorps monoclonal visant à bloquer cette protéine.
Mécanismes de réparation.
L’équipe de Pierre-François Pradat a poursuivi les recherches sur les phénomènes compensatoires et publie un nouveau travail, réalisé grâce au soutien de l’AFM et à l’Association pour la Recherche sur la SLA. Les mécanismes de réparation existent potentiellement dans le muscle de SLA, puisque l’on sait que le muscle est capable de produire de nouvelles fibres musculaires après un traumatisme par exemple.
La régénération se fait grâce à des cellules souches musculaires (CSM), appelées cellules satellites. Lorsqu’elles ne sont pas activées, elles sont dans un état de dormance et situées le long des fibres musculaires.
« L’activation et la prolifération de ces cellules après un exercice physique intense permettent à l’adulte d’augmenter sa masse musculaire. »
Des cellules satellites sénescentes.
Les chercheurs ont mis en culture des cellules satellites provenant de muscles de patients souffrant de SLA. L’observation de ces CSM montre qu’elles sont porteuses de caractères de sénescence : elles ne se multiplient pas normalement ; elles parviennent à se différencier en fibres musculaires, mais celles-ci ont un aspect anormal, plus fin que les fibres normales et plusieurs protéines essentielles au fonctionnement du muscle sont réduites.
« La conclusion de cette étude est que les CSM sont incapables de tenir leur rôle habituel de réparation du muscle dans la SLA. Leur défaillance, en empêchant les phénomènes normaux de réparation du muscle, est probablement impliquée dans la progression du déficit moteur et de l’atrophie musculaire. »
Ces observations soulèvent des interrogations. Notamment, ce phénomène est-il spécifique de la SLA ou bien est-il commun à d’autres pathologies accompagnées d’une dénervation ? « Nos travaux s’orientent maintenant sur l’élucidation précise des anomalies cellulaires et biochimiques. » L’enjeu est important, car il pourrait conduire à identifier des cibles pour des traitements sont le but serait de favoriser la régénération cellulaire. « Avant d’en arriver là, il faudra encore que les cellules souches musculaires révèlent nombre de leurs mystères. »
Amyotrophic Lateral Sclerosis, 2011, doi :10.3109/17482968.2011.566618
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