La France manque de vaccins par rapport à la demande des publics cibles aujourd’hui. Et après que la vaccination des soignants a permis la montée en puissance de la campagne vaccinale, il semblerait qu'avec l’ouverture de celle-ci aux plus de 75 ans et en l’absence de doses pour tout le monde, les professionnels de santé ne soient plus la priorité.
C’est en tout cas ce que dénonce, l’URPS-ML d’Île-de-France dans un communiqué paru ce mardi. « Ordre a été donné aux établissements en charge de la vaccination des soignants d’annuler purement et simplement des centaines de rendez-vous pour des premières vaccinations et sur instruction ministérielle de reporter au 28e jour les milliers de rendez-vous pour leur seconde vaccination, initialement prévues au 21e jour », relate l’URPS. Alors que l’Union estime que ce sont chaque semaine plus de « 200 000 » vaccins qui manquent pour répondre aux besoins, elle critique une décision basée sur des raisons politiques plutôt que médicales. Selon l’URPS, cette réorientation répond uniquement au besoin d’ « alimenter les trop nombreux petits centres ouverts précipitamment dans les agglomérations », notamment « pour satisfaire la demande pressante des collectivités ».
En première ligne face à la troisième vague
Mais pour l’organisation, c’est peine perdue. Car face à la pénurie actuelle, ces centres « resteront malheureusement insatisfaits malgré cette décision opportuniste »,selon elle. L’URPS-ML a dénoncé cet arbitrage auprès du directeur de l’ARS et demande à ce que soit priorisée « en même temps » la vaccination des professionnels de santé à risque. Au moment où « on s'attend à une troisième vague épidémique », le choix « ne peut en aucun cas se faire au détriment de ceux qui sont en première ligne », a insisté Daniel Silberman, président de l’URPS-ML auprès de l'AFP, ajoutant que les soignants « ne comprendraient pas qu'on diminue leur protection parce qu'il y a une situation de pénurie ».
De son côté le ministère explique que même s'il n'y a pas eu de surbooking au niveau national avec « un nombre de doses supérieur au nombre de rendez-vous », en revanche au niveau régional « un certain nombre de départements ont pu se retrouver en léger surbooking », d'où la consigne de décaler et non d'annuler certains rendez-vous.
Dimanche, dans un communiqué, l'UFML-S estimait elle aussi que, alors qu’une troisième vague se préparait dans les semaines à venir, « tous les soignants au contact du Covid-19 [devaient] être vaccinés, sans exception, quels que soient leurs secteurs d’activité ou leur mode d’exercice » « Il en va de la sécurité sanitaire nationale, rien ne doit menacer celle-ci », soulignait également le syndicat.
L'inquiétude est d'autant plus grande qu'une recrudescence des contaminations chez les professionnels de santé est actuellement constatée sur le terrain. Dans ce contexte, l'Ordre des médecins réclame donc dans un communiqué « à ce que la vaccination de tous les médecins et des personnels soignants agissant en première ligne soit rapidement mise en œuvre, sans critère d’âge ni de comorbidités ».
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