LE QUOTIDIEN – Vous voilà de loin le plus jeune élu au Conseil national, quelles réflexions vous inspire ce nouveau mandat ?
Dr STÉPHANE OUSTRIC – Je ressens de la fierté bien sûr, mais je comprends aussi que des responsabilités vont peser sur mes épaules. J’éprouve également de la reconnaissance parce que si je suis là, c’est que la région Midi-Pyrénées, dont je suis issu, l’a voulu : c’est grâce à un vote de l’ensemble des conseillers départementaux de Midi-Pyrénées que j’ai été élu. J’ai souhaité ne pas être en cumul de mandat exécutif, ce qui signifie qu’au conseil départemental de Haute-Garonne comme au conseil régional de Midi-Pyrénées [le Dr Oustric a été président de ces deux instances dans le passé, NDLR], je suis aujourd’hui simple conseiller. Comme les réunions y ont souvent lieu le soir, je peux m’organiser, mais mes journées de travail font souvent entre 15 et 18 heures. Je n’ai jamais été syndiqué, et je viens au Conseil national parce que j’estime que l’Ordre représente tous les médecins. Je suis fier d’appartenir à cette institution. Mais j’y vais pour travailler, et je n’accepterai pas tout et n’importe quoi.
À la faveur du scrutin qui vous a élu, 3 femmes de plus siègent au CNOM. Est-ce important pour vous ?
Moi ce que je veux, c’est que les membres du CNOM soient là, non parce qu’on le leur doit ou parce que c’est une reconnaissance, mais dans le but de travailler pour les autres. S’ils ont décidé, quel que soit leur âge ou leurs compétences, de se mettre à la disposition des confrères qui en ont bien besoin sur le terrain, cela me convient. Qu’ils soient homme, femme, salarié, libéral ou hospitalier, je ne fais aucune différence. Ce que je veux, c’est la compétence, à un moment où il faut réellement rendre service à ceux qui sont dans les territoires et qui sont parfois oubliés. Moi, une fois par mois, je vais rencontrer mes confrères isolés, dans des endroits où même les maisons de santé ne s’implantent pas. Je n’ai pas la science infuse, mais je travaille, j’écoute et je vais sur le terrain voir ce qu’on peut faire.
Nicolas Sarkozy vient de demander au président de l’Ordre, Michel Legmann, de lui faire des propositions pour la refondation de la médecine libérale. Qu’en pensez-vous ?
Le président Sarkozy a décidé de confier cette mission à Michel Legmann. S’il dispose des moyens pour la mener à bien, je serai avec lui pour aller sur le terrain chercher les informations, lui ramener des éléments structurants pour avancer et trouver des solutions.
Les orientations suggérées par le président Sarkozy vous conviennent-elles ?
Si elles restent des orientations, ça me va. Si on met les moyens derrière, ça me va. S’il s’agit juste de préfigurer des mesures de contrainte, ça me va moins. Je suis professeur, et je sais ce que veulent les jeunes. On leur fait dire beaucoup de choses, mais au bout du compte, ce qu’ils veulent, c’est bosser et bien travailler. Ils sont prêts à certains sacrifices mais pas à tous, ils sont prêts à un nouveau fonctionnement de la médecine libérale distinct du nôtre, et ils sont prêts à accepter d’autres modes de rémunération.
Vous êtes donc prêt, s’il vous le demande, à travailler avec Michel Legmann sur ce dossier ?
Vous pensez bien que si je m’engage à 43 ans dans cette institution, ce n’est pas seulement pour écouter, je souhaite agir. Cela suppose d’être en mesure de faire remontrer toutes les problématiques qui nous seront décrites. Nous sommes face à une pénurie de médecins qui a été organisée depuis très longtemps par les pouvoirs publics, on donne maintenant une mission à l’Ordre, il ne faut pas que cette mission soit un alibi.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention