1987, le rapport Brundtland évoque le développement durable et en donne une première définition : «un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». À partir de 2010, à la suite du Grenelle de l’environnement, les organisations publiques et privées découvrent les enjeux de la RSE mais se demandent « pourquoi ? »
Pourquoi faut-il s’engager ? À quel coût ? Pourquoi ? Pour quoi faire… ? Et malgré une avalanche de textes, rares sont les organisations qui bâtissent leur propre programme RSE. La crise « Covid » fait émerger les consciences, le futur probable influence notre présent et les professionnels/citoyens/consommateurs/contribuables que nous sommes commencent à ressentir que le système actuel n’est plus viable. L’Assemblée nationale a lancé en septembre 2020 une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la santé environnementale en France.
En 2021, la question qui se pose n’est plus « pourquoi ? » mais « comment ? ». Le virage RSE, intégrant la santé environnementale est en route.
Les lois ELAN, AGEC, EGALIM, CLIMAT ET RESILIENCE, et tant d’autres nous obligent à réduire nos consommations d’énergies et notre empreinte carbone de 40 %. L’Europe vient de voter une diminution de 55 % et la COP 26 qui a lieu début novembre sera le point d’orgue de cet engagement international. Le dernier rapport du GIEC et les récentes déclarations de l’ONU sur le changement climatique sont de nature à faire prendre conscience de l’urgence à agir collectivement.
Le « Ségur de la santé » dont on a quasiment retenu que les augmentations de salaires de 8 milliards d’euros, propose de mettre la santé environnementale au cœur du système de santé. Le PNSE 4 (Plan National Santé Environnement) a été validé cet été et doit maintenant être décliné dans chaque région Française en PRSE 4, cela pourrait devenir un « guide » pour l’ensemble des professionnels de santé.
La loi PACTE permet l’émergence des « sociétés à mission » qui définissent leur « raison d’être », leurs objectifs et sont contrôlées par des organismes tiers indépendants, pour en garantir les résultats et éviter le greenwasching. La HAS a intégré dans ses nouveaux référentiels plus de 30 critères sur la RSE, il faut maintenant qu’ils forment leur visiteurs-experts qui doivent monter en compétences sur ces sujets.
La décennie qui s’annonce sera axée sur la sécurité sanitaire et environnementale. Les démarches à « Très Haute Qualité Sanitaire Sociale et Environnementale » (THQSE) permettent de structurer les actions, d’élaborer des indicateurs fiables, des scoring RSE pour mutualiser les bonnes pratiques et faire de la France le leader en termes transition énergétique, de RSE et de santé environnementale.
8 pistes d'actions à mettre en œuvre
Concrètement, que peuvent faire les organisations de santé et les praticiens pour garantir à la population que cette dynamique de santé-environnementale devienne un véritable critère de choix ?
- Maitriser les consommations de ressources, intégrer l’analyse du cycle de vie des produits, des services et bâtiments, pour en réduire l’empreinte carbone et l’ensemble des pollutions associées.
- Adopter une politique d’achats responsable privilégiant les produits et services à faible impact. Ce sera la réindustrialisation de notre pays pour produire et acheter « local ».
- Protéger la biodiversité en s’engageant dans la réduction de la déforestation importée dans nos politiques d’achats hospitalières. Indirectement, nous sommes responsables de la destruction de 15 millions d’hectares de forêt par an, sources des zoonoses et épidémies. C’est (enfin) l’émergence du concept « One Health » que nos futurs ministres de la Santé devront intégrer.
- Réduire les nuisances sonores dans toutes les organisations : elles sont une source importantes de dépenses « invisibles » pour l’assurance maladie.
- Garantir la qualité de l’air tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des bâtiments, la pollution étant responsable de plus de 48 000 décès prématurés par an et de 19 milliards d’euros de dépenses annuelles.
- Réduire l’empreinte carbone du secteur de la santé en privilégiant les dispositifs médicaux et médicaments à faible impact, grâce aux outils d’analyse du cycle de vie, promis par la loi Climat et Résilience.. C’est la mise en oeuvre de l’éco conception des soins et des parcours de soins.
- Prévenir l’exposition aux champs electro-magnétiques, aux risques chimiques, aux nanoparticules, aux perturbateurs endocriniens, au radon dans nos activités quotidiennes.
- Enfin, c’est aussi assurer toute la formation et la pédagogie nécessaires, dès le plus jeune âge et l’andragogie adaptée aux adultes responsables, qu’ils comprennent comment réduire l’exposition aux risques pour eux-mêmes et les autres.
La santé environnementale au cœur d’une organisation, c’est du « mieux-être » pour tous, de moindres dépenses sur le long terme, la réduction des impacts sur la santé et l’environnement et permet de redonner du sens…
Exergue : Il faut mutualiser les bonnes pratiques et faire de la France le leader en termes transition énergétique, de RSE et de santé environnementale.
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