Un petit garçon, âgé de 6 ans, et qui n’avait pas été vacciné contre la diphtérie, est décédé ce week-end en Espagne, a annoncé samedi l’hôpital Vall d’Hebron de Barcelone, où il était soigné depuis le début du mois de juin. Il s’agissait du premier cas de diphtérie en Espagne depuis presque 30 ans.
La très grande majorité des médecins exerçant en Espagne n’ayant pas connu de cas de diphtérie dans leur pratique, l’enfant, originaire de la ville d’Olot, avait été diagnostiqué tardivement – 5 jours après l’apparition des premiers symptômes. Son traitement a ensuite, lui aussi, été retardé, en raison de la difficulté à trouver l’antitoxine nécessaire. Les demandes adressées à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), aux États-Unis et à l’Union européenne sont restées sans effet. Le sérum a finalement été envoyé en urgence par les autorités russes, où la diphtérie continue de circuler.
Au total, sur les 150 personnes de l’entourage placées sous surveillance, neuf enfants et un adulte ont été contaminés par la bactérie, mais sans développer la maladie, tous étant vaccinés, selon les services de santé de Catalogne.
Il n’y a pas de risque zéro
La contamination de l’enfant que les parents avaient refusé de vacciner par peur d’effets secondaires, a relancé la polémique sur les risques des vaccins et de l’absence de vaccination en Espagne. « Nous lançons un appel aux parents : qu’ils vaccinent leurs enfants », a martelé samedi le responsable de la santé de la région de Catalogne, Boi Ruiz, au cours d’une conférence de presse. Au sujet des potentiels effets secondaires liés au vaccin, ce dernier a rajouté : « Il n’y a pas de risque zéro. Mais ce qu’on ne peut pas faire, c’est utiliser le fait qu’il n’y ait pas de risque zéro pour créer une peur chez les parents vis-à-vis du vaccin ». Et ce dernier de conclure : « Qu’il nous arrive quelque chose comme ça dans un pays ou l’accès à la vaccination est gratuit et universel doit, en tant que société, nous faire réfléchir. »
Début juin, les parents de l’enfant décédé, ressentant « une profonde culpabilité », avaient déclaré qu’ils estimaient avoir été « trompés » par les groupes anti-vaccination.
Pour rappel, la diphtérie, qui a été la première cause de mortalité infantile à la fin du XIXe siècle, a quasiment disparu d’Europe avec l’avènement de la vaccination dans les années 1920.
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