Il faut faire quelque chose pour revaloriser la visite, mais quoi ? Ces dernières semaines, plusieurs scénarios ont été échafaudés et on peut raisonnablement penser que les syndicats trouveront bientôt une solution de bon sens avec les caisses. Il y a à peine 20 ans, tout semblait pourtant avoir été mis en œuvre pour programmer la disparition du V du médecin généraliste dans la foulée du passage du C à 20 euros. Et cela faillit aboutir. En un an, de 2002 à 2003, la proportion de la visite dans l’agenda du médecin de famille s’effondrait. Alors que l’activité à domicile a longtemps pesé pour un tiers de la semaine du médecin traitant, elle ne représentait guère qu’un peu plus d’un acte sur dix au début du siècle…
Depuis, le chantier de la VL (visite longue), avec ses élargissements successifs, a doucement inversé la tendance dans la foulée de la signature de la dernière convention. Mais la reconquête sera ardue, car les contraintes sont multiples. Sur le plan démographique, tout milite évidemment pour une relance des visites à domicile : la forte augmentation du nombre de personnes très âgées et dépendantes et la tendance croissante au maintien à domicile imposent le passage régulier du praticien chez ces publics fragiles. Pourtant, l’équation n’est pas si simple, si l’on garde à l’esprit l’extension des déserts médicaux et la raréfaction des médecins généralistes sur des pans de plus en plus répandus du territoire.
Actuellement, la piste poursuivie vise à augmenter fortement la cotation du V, mais surtout pour les publics les plus vulnérables. Cet « acte très complexe », fût-il étendu à un périmètre élargi, suffira-t-il à permettre aux médecins généralistes de réintégrer des déplacements réguliers dans leur journée ? Certains d'entre eux n’ont visiblement pas attendu : pas le choix… Mais le décollage pourrait venir des innovations organisationnelles. La réponse est notamment à chercher du côté de l’interpro à l’image des expérimentations présentées dans ce numéro. Chiche ?
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