DEUX MINISTRES pour le prix d’un : Marisol Touraine et Stéphane Le Foll, sur ses propres terres, ont visité le centre hospitalier du Mans lundi matin. La Santé et l’Agriculture au coude à coude. Un premier pas vers l’installation de vétérinaires dans les déserts médicaux ? La question, soulevée non sans humour par un hospitalier, a été vite balayée. Non que la Sarthe soit épargnée par les problèmes de démographie médicale. Mais l’hôpital, lié par 150 conventions avec les 7 hôpitaux du département, fait figure d’établissement exemplaire. Une communauté hospitalière de territoire, bien que confrontée à certains freins, est en cours de préparation.
Le centre hospitalier du Mans s’illustre également par ses activités de recherche et d’enseignement. Il accueille une centaine d’internes par an, a ouvert un centre de recherche clinique en 2011, et s’est doté d’une unité neuro-vasculaire pour améliorer la prise en charge de l’AVC. La HAS a salué son service de cardiologie pour la performance de son évaluation dans la prise en charge des infarctus. Autre point positif : le CH a su redresser ses finances. Le déficit n’est plus, place aux projets médicaux.
Quelques banderoles - peu - attendaient Marisol Touraine à son arrivée sur le site. « Une rupture doit être opérée avec la politique de santé menée sous l’ère Sarkozy. La loi HPST (...) doit être abrogée », lit-on sur un tract de la CGT, le syndicat majoritaire en local. Après la visite de la neurologie et de la cardiologie intensive, la ministre de la Santé présente au personnel les grandes lignes de son « pacte de confiance ». Elle promet « une rupture avec le discours qui a dominé dans les dernières années ». Et des décisions rapides, au terme de la mission Couty dont les conclusions sont attendues fin décembre. Exemple de la voie à emprunter : « Un hôpital dans lequel on reste moins longtemps, où l’on se préoccupe du juste soin, doit être reconnu ».
Les déficits, pas une fatalité.
Autre piste tracée : la place de la CME (commission médicale d’établissement) sera réhabilitée, « sans pour autant rouvrir une guerre à l’envers ». « Les médecins me disent que c’est humiliant d’être simplement informés [sur les orientations stratégiques de l’établissement], expose Marisol Touraine. Ils demandent à rendre un avis, qui n’a pas forcément besoin d’être conforme. Cela me paraît la moindre des choses ». Le pacte de confiance aidera à la restauration de l’attractivité des carrières hospitalières, promet la ministre. « À travers la reconnaissance de l’hôpital se joue la capacité d’attirer les professionnels », dit-elle.
Quid des déficits hospitaliers ? Ce n’est en rien une fatalité, assure Marisol Touraine, « à condition que le gouvernement garantisse le financement des missions de service public ». La directrice financière du CH du Mans a interpellé la ministre sur sa difficulté à rénover le bâti. « Pour moderniser totalement le patrimoine, il faudrait investir 300 millions d’euros sur dix ans », a exposé Céline Lagrais. Où trouver l’argent ? Les caisses de l’État sont vides, a rappelé en substance la ministre, reprochant à Xavier Bertrand d’avoir promis monts et merveilles juste avant de quitter ses fonctions. « Ces engagements ont été pris par courrier entre mars et avril dernier. J’ai la liste des établissements concernés, il y en a pour plusieurs milliards d’euros. En face il n’y a rien. Pas un centime! ». Le gouvernement socialiste prépare un programme de relance des investissements hospitaliers, mais c’est surtout vers les banques que les hôpitaux devront se tourner, a fait valoir la ministre.
L’épineuse question des CET.
Philippe Keravec, secrétaire de la CGT santé au CH du Mans, est resté sur sa faim au terme de l’intervention ministérielle. « Les propositions sont alléchantes mais avec un ONDAM bloqué à 2,7 %, il va falloir encore faire des efforts. L’activité a bondi de 4 % ici l’an passé, le personnel est fatigué. L’hôpital n’a pas respecté la réglementation sur la RTT entre 2005 et 2010, il doit rendre 74 000 heures à 2 000 personnes d’ici à mars 2013. L’équivalent de 2,3 millions d’euros. Nous avons demandé une enveloppe au cabinet de la ministre qui n’a pas répondu. Cet été, les gens ont été invités à stocker ces RTT sur un CET, ou à faire un don à l’hôpital. Les gens se sont sentis culpabilisés, ils ont refusé ». La restauration de la confiance passe aussi par le déblocage de problèmes locaux de ce type, laisse entendre le syndicaliste.
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