AVEC UNE TVA grimpant à 23 %, le gel des retraites, la baisse des salaires de l’ordre de 5 % des fonctionnaires et le plafonnement des aides sociales, le parlement portugais vient d’entériner son budget d’austérité pour 2011. Un plan de rigueur sans précédent, salué par la commission européenne – le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, soulignait récemment que « l’objectif (du Portugal) de limiter son déficit à 4,6 % de PIB l’an prochain repose sur des efforts ambitieux et des mesures globalement appropriées. » Ce tour de vis répond aux attentes des partenaires européens mais n’exclut pas de réduire les dépenses de santé. Les médecins portugais tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme.
Si Céline Antonin, de l’Observatoire français des conjonctures économiques, affirme que « ces mesures courageuses auront un prix pour la population », Carlos Arroz, secrétaire générale du syndicat des médecins indépendants, va plus loin et plus vite en affirmant que les répercussions ne vont pas se faire attendre : « Les patients vont payer de leur poche les médicaments, alors que la pauvreté se fait déjà sentir ; les hôpitaux qui s’apprêtent à réduire de 15 % leurs budgets proposent déjà de fermer quelques services à commencer par les urgences. »
Les professionnels redoutent aujourd’hui « le manque de planification dans les économies à réaliser qui pourrait aboutir localement à des situations irrationnelles ». Paul Kuteev Moreira, chercheur à l’observatoire de la santé de l’OMS, regrette cette improvisation dans un contexte de faiblesse politique. « On prépare, accuse-t-il, une explosion du secteur privé et un affaiblissement du service public à un moment où il est impératif de consolider notre service national de santé. » Sans écarter l’hypothèse de fermer ou de fusionner des services, il invite simplement à repenser les limites de mise à disposition de thérapeutiques innovantes et insiste sur l’urgence de développer l’ambulatoire.
Un enjeu pour la présidentielle.
Au gouvernement depuis 2008, Ana Maria Teodoro Jorge, ministre de la Santé, serait sur la sellette, dans le cadre d’un prochain remaniement ministériel promis depuis des mois par le Premier ministre portugais, José Socrates. Aujourd’hui, il semble bien peu probable que ces changements interviennent avant les prochaines élections présidentielles, prévues le 23 janvier 2011. Une échéance cruciale pour le gouvernement socialiste et son président Anibal Cavaco Silva, dans ce pays au bord de la ruine. Malade de son économie, la qualité des soins risque de passer au second plan, ce qui réveille des ambitions. Le Dr Fernando Nobren président d’une ONG dans l’assistance médicale internationale, vient d’annoncer sa candidature et dévoile son « projet de Big Bang » concernant la santé. Il s’appuie sur un rapport rendu public par la Cour des comptes portugaise cette année et dénonce notamment la situation de faillite des hôpitaux publics de son pays. Il faut dire que les dérives budgétaires dans la gestion hospitalière prennent des proportions alarmantes. Selon les magistrats, les hôpitaux portugais ne seraient plus en mesure de payer leurs fournisseurs. Dans le seul domaine des dispositifs médicaux, l’ardoise nationale dépasserait les 528 millions d’euros, pour des délais moyens de paiement à 310 jours. Le pronostic vital du système de santé portugais semble lui aussi engagé.
En 5 points
Obésité : suivi d’un patient sous aGLP-1
Cas clinique
La fasciite nécrosante
Mise au point
La périménopause
Mise au point
La sclérose en plaques