Danser avec le diable. C’est ce qu’aiment faire les Français avec les thérapies alternatives, si l’on en croit les résultats d’un sondage réalisé en ligne au mois d’avril auprès d’un échantillon représentatif de 1 005 personnes par l’institut Odoxa pour le compte de l’Unadfi et publié à la mi-mai. Les répondants se déclarent en effet en majorité favorables au recours à ces pratiques, mais ils estiment également qu’il s’agit d’un terrain propice au développement de pratiques sectaires, et se déclarent en faveur d’un plus fort encadrement juridique.
La thérapie alternative la plus utilisée par les répondants est l’ostéopathie, à laquelle ils sont 46 % à déclarer avoir déjà eu recours. Suivent l’homéopathie (42 %), les huiles essentielles (37 %), l’acupuncture (21 %), le magnétisme (16 %), la sophrologie (15 %)… Des pratiques qui viennent parfois concurrencer, dans leur opinion, la médecine conventionnelle. Le sondage révèle que si les Français ont à 84 % une bonne, voire une très bonne image de cette dernière, ils sont presque aussi nombreux (70 %) à avoir une bonne opinion des « thérapies alternatives de soin ». À tel point que 58 % estiment que les thérapies alternatives permettent de compenser les insuffisances du système de santé en ce qui concerne « la difficulté à obtenir des rendez-vous avec les médecins » et 52 % en ce qui concerne « les consultations trop rapides, expéditives ».
Abandons de soins
Il faut dire que d’après le sondage, les Français sont 57 % à considérer que les thérapies alternatives sont aussi efficaces, voire plus efficaces que la médecine conventionnelle « de façon générale ». Une proportion qui grimpe à 72 % lorsqu’ils considèrent les maux du quotidien, et qui ne descend pas à moins de 35 % lorsqu’il s’agit des maladies chroniques et des pathologies graves. Ils sont également 44 % à se déclarer en accord avec l’affirmation selon laquelle les remèdes naturels ne peuvent pas provoquer d’effets secondaires nocifs. On note également que 16 % ont déjà renoncé à un traitement médical au profit d’une thérapie alternative, et que ce comportement est plus répandu chez les plus jeunes (21 % chez les 18-24 ans, 24 % chez les 25-34 ans, 21 % chez les 35-49 ans) que chez les plus anciens (11 % chez les 50-64 ans, 9 % chez les 65 ans et plus).
Reste que cette bonne opinion générale des Français sur les thérapies alternatives n’a rien d’un angélisme. Ils sont ainsi 71 % à se dire d’accord avec l’affirmation selon laquelle « les thérapies alternatives peuvent donner lieu à des dérives sectaires », 69 % à estimer qu’un praticien en thérapies alternatives peut exercer une emprise sur une personne, et 59 % à juger que les théories en lien avec ces thérapies peuvent amener à une radicalisation. En conséquence, ils souhaitent à une écrasante majorité (81 %) que l’État réglemente et encadre mieux l’activité de ces praticiens.
Article suivant
« Je me soignais avec la médecine anthroposophique, c’est-à-dire que je ne me soignais pas »
Les Français approuvent les thérapies alternatives… mais s’en méfient
« Je me soignais avec la médecine anthroposophique, c’est-à-dire que je ne me soignais pas »
Cancer : savoir repérer les dérives
L’Académie de médecine s’alarme du désengagement des États-Unis en santé
Un patient opéré avant le week-end a un moins bon pronostic
Maladie rénale chronique : des pistes concrètes pour améliorer le dépistage
Covid : les risques de complications sont présents jusqu’à trente mois après hospitalisation