DÉSESPOIR de Chantal Jouanno, la secrétaire d’État à l’Écologie, ironie des Verts, quolibets des socialistes, sévérité pompeuse de Michel Rocard, le président de la République s’est attiré les pires invectives après sa décision de soumettre l’application de la taxe carbone à une négociation préalable avec les pays de l’Union européenne. C’est pourtant, en l’occurrence, lui faire un très mauvais procès. La taxe carbone était incluse dans la loi de finances de 2010 qui, comme chacun sait, a été adoptée par le Parlement. L’opposition ayant soumis certains aspects de cette loi au Conseil constitutionnel, les Sages décidèrent que la taxe carbone était inéquitable car elle frappait les foyers français, mais pas les industriels.
Le désespoir de Chantal Jouanno.
Si le gouvernement épargnait les entreprises, c’est justement parce qu’il avait vu qu’une taxe uniquement française diminuait leur compétitivité face à leurs concurrentes européennes. Le gouvernement a donc été renvoyé à son dilemme par le Conseil constitutionnel et, en dernier ressort, il a estimé que la taxe ne pouvait être appliquée en France que si elle était également appliquée dans le reste de l’Europe. En revanche, il est faux de dire que la taxe n’a été pas été adoptée, comme il est faux de dire que, en l’occurrence, le président n’a pas tenu une promesse électorale. Il avait fait mieux : il avait signé le Pacte écologique que Nicolas Hulot a proposé à tous les partis avant les élections générales de 2007.
UN MINISTRE DE L’ÉCOLOGIE NE PEUT QU’ÉCOLOGISER
Le chef de l’État a trouvé ses censeurs non seulement dans l’opposition, mais dans son propre camp. Chantal Jouanno, au demeurant fort sympathique, a comblé le silence de Jean-Louis Borloo, son ministre de tutelle, en exprimant son désespoir. Elle a fait, dans un domaine différent, le coup que Rama Yade avait déjà fait au président. Secrétaire d’État aux Droits de l’homme, Rama Yade avait dénoncé une visite d’État de Mouammar Kadhafi en France. Mme Jouanno agit de même : quand on est aux Droits de l’homme, on droits-de-l’hommise, et quand on est à l’écologie, on écologise, même si l’on nuit de la sorte à la cohésion du gouvernement. Mme Jouanno semble avoir conservé sa liberté de parole (Xavier Bertrand a confirmé qu’elle ne serait pas limogée). Jeudi dernier, elle assistait au 34ème Congrès de France Nature Environnement à Toulouse, où, en gros, elle maintenait sa position mais, cette fois, en s’en prenant au Medef et à l’opposition, laquelle, après tout, a signé son recours devant le Conseil constitutionnel. En revanche, Jean-François Copé, chef des élus UMP à l’Assemblée, s’est déclaré choqué par les déclarations de Mme Jouanno. Heureusement, à Toulouse, la secrétaire d’État a précisé qu’elle allait lutter contre l’écolo-scepticisme ; elle a rappelé que la gauche s’était opposée à la taxe carbone et que le dossier a été mal compris. Ce qui est vrai.
Irresponsabilité.
Mme Jouanno ne démissionnera pas plus que Mme Yade démissionna à cause de ses propos sur Kadhafi. Il reste à savoir si, dans le contexte des difficultés actuelles du gouvernement, M. Sarkozy aura la patience de supporter les états d’âme de ses ministres. S’il est légitime de reprocher au président de la République ses nombreux dérapages, mensonges et fautes de goût, il est très regrettable de lui inventer littéralement une faute qu’il n’a pas commise. Il n’est pas illogique de dire que l’abandon provisoire de la taxe carbone relève principalement de la responsabilité de la gauche, laquelle ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Elle ne peut pas avoir saisi le Conseil constitutionnel, puis triomphé quand il a censuré la taxe carbone, et accabler Sarkozy de sarcasmes quand le gouvernement, contraint par les Sages, a craint de placer l’industrie française dans une situation dommageable. M. Sarkozy s’est conduit, de bout en bout, de façon responsable. Moins responsable est une opposition qui a assez de bonnes raisons de s’en prendre au pouvoir pour ne pas aller en chercher de mauvaises.
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