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Exit les rappels antirabiques du voyageur

Publié le 05/04/2013
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Le Haut conseil de la Santé Publique (HCSP) vient d’actualiser ses recommandations relatives à la vaccination antirabique, suite à sa saisine par la Direction Générale de la Santé en juillet 2012 pour clarifier notamment la stratégie d’injections de rappels à 1 an puis 5 ans, que l’OMS a recommandé d’abandonner en 2010. Tous les aspects de la vaccination antirabique ont été passés au crible par le HCSP qu’il s’agisse de la vaccination préventive, du traitement

post-exposition et du suivi sérologique des personnes régulièrement exposées au virus (voyageurs, professionnels et chiroptèrologues) (1). Nous ne détaillerons dans cet article que la vaccination préventive des voyageurs.

› La rage est une zoonose virale due à un lyssavirus qui se caractérise par une encéphalite inéluctablement mortelle une fois les signes cliniques déclarés. La rage est présente de manière enzootique dans plus de 100 pays et on estime qu’elle est responsable de 55 000 décès par an dans le monde. Tous les mammifères peuvent être atteints, mais les carnivores terrestres et les chauves-souris constituent les espèces hôtes principales. Le risque encouru par les voyageurs dans les zones d’endémie (Asie, Afrique y compris l’Afrique du Nord, Amérique du Sud) est proportionnel à la fréquence de leurs contacts avec des mammifères réservoirs. En France, depuis 1970, 20 cas de rage humaine d’importation ont été déclarés dont près de la moitié chez des enfants de 3 à 10 ans, 85 % provenaient d’Afrique et 90 % étaient dus à des morsures de chien.

› Ainsi, les experts du HCSP préconisent pour les voyageurs chez lesquels la vaccination antirabique préventive est indiquée de suivre les recommandations de l’OMS de 2010 et ne plus proposer un rappel à 1 an puis tous les 5 ans, sous réserve de la possibilité d’une revaccination rapide avec une première dose délivrée après exposition et une autre dose à J3. La vaccination préventive pré-exposition nécessite l’administration de

3 doses de 1 ml ou 0,5 ml de vaccin sur culture cellulaire ou sur œuf embryonné administré par voie intramusculaire aux jours 0, 7, 21 ou 28. L’injection est pratiquée dans le deltoïde chez l’enfant et l’adulte ou dans la face antérolatérale de la cuisse chez l’enfant en bas âge.

› Les vaccins autorisés en France sont des vaccins inactivés et produits soit sur cellules de lignée continue Vero (vaccin rabique Pasteur®), soit sur cellules d’embryon de poulet (vaccin Rabipur®).

› L’OMS qui publie une carte des pays à risque définit quatre catégories de zones à risque : absence de risque (zones où il n’y a pas de rage), risque faible, risque modéré et risque élevé (zones où la rage canine est endémique). L’accès à des soins médicaux corrects et aux vaccins antirabiques modernes a également été pris en considération pour chaque pays. Dans les pays appartenant aux catégories 2 à 4, la vaccination antirabique préventive (pré-exposition) est recommandée.

Dr Linda Sitruk (fmc@legeneraliste.fr)

Source : lequotidiendumedecin.fr