LE QUOTIDIEN : Sur quoi porte l’activité de votre cabinet de conseil ?
Dr DOMINIQUE DEPINOY : Le projet d’entreprise, c’est d’accompagner les changements en cours dans le système de santé, notamment les changements d’organisation. À la création de la société, notre diagnostic montrait que les soins primaires étaient un maillon faible, et qu’il fallait accélérer les changements en cours. Nous sommes actuellement 16 personnes, avec des profils de médecin, sociologue, infirmier, pharmacien, ingénieur, etc. Nous travaillons sur les Équipes de soins primaires (ESP), les Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les centres de santé, sur le lien ville-hôpital, sur des projets de e-santé (téléconsultation, messagerie sécurisée…).
Qui sont vos clients ?
Nous travaillons majoritairement avec le service public. Nous avons des accords-cadres avec les agences régionales de santé (ARS), ou alors ce sont les ARS qui financent les associations de professionnels qui font appel à nous. Nous travaillons également avec des Unions régionales de professionnels de santé (URPS), ou des collectivités territoriales, soit pour des contrats locaux de santé, soit pour des questions d’attractivité.
En quoi aidez-vous les MSP ou les CPTS, par exemple ?
Nous les aidons en mobilisant les professionnels autour d’un projet de santé partagé. Nous formalisons avec eux, en provoquant des rencontres, en mettant en lien leurs attentes en termes d’organisation professionnelle et les besoins de leurs patientèles. Nous apportons également de l’ingénierie un peu plus pointue qu’il s’agisse des volets budgétaire et financier, immobilier ou encore juridique. Nous pouvons aussi aider à résoudre certaines difficultés entre les professionnels qui n’ont pas l‘habitude de se parler, ou travailler sur des évaluations du fonctionnement collectif après un certain nombre d’années de fonctionnement. Nous nous positionnons comme des facilitateurs de l’exercice regroupé et cordonné.
Le secteur du conseil dans les soins primaires est-il aussi concurrentiel qu’à l’hôpital ?
Oui, car il y a une multiplication des projets. Il y a de tout : de très petites sociétés, mais aussi de gros cabinets qui étaient sur le marché hospitalier, et qui viennent sur celui des soins primaires de manière opportuniste. Chaque cabinet a une manière de travailler différente, de notre côté nous mettons l’accent sur l’approche métier, sur notre proximité avec les professionnels de santé, nous recevons des internes de santé publique, des stagiaires de l’École des hautes études de santé publique (EHESP)…
Les dernières polémiques concernant le consulting ont-elles eu un impact sur votre activité ?
Oui, nous sommes obligés de préciser en permanence que nous ne sommes pas McKinsey [rires] ! Plus sérieusement, l’affaire McKinsey a aussi eu pour effet de renforcer le formalisme des ARS, ce qui nous coûte parfois du temps et de l’énergie inutiles alors que nous travaillons sur de petits budgets. Et de manière générale, le conseil est encore assez peu connu dans le monde des soins primaires. Certains ont encore en tête une caricature : « le consultant, c’est celui qui vous demande votre montre pour vous donner l’heure ». Mais nous avons accompagné plus de 500 projets en 10 ans, et même s’il y en a eu quelques-uns de plus difficiles que les autres, nous avons de bons retours et des réalisations concrètes avec des installations d’équipes pluriprofessionnelles motivées par les soins primaires.
« Le projet d'entreprise est d'accompagner les changements en cours dans le système de santé »
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