Quel type de locaux dois-je acheter ? Où trouver des associés ? Comment concilier un exercice salarié et une activité libérale ? Chaque mois, la permanence locale d’aide à l’installation de l’URPS Île-de-france accompagne des généralistes dans leur projet. Ces rencontres qui ont lieu depuis 2012 rassemblent l’ARS, l’Assurance maladie, l’Ordre et des élus de l’Union. Au total, déjà plus de 300 généralistes ont été « coachés ».
Le Généraliste a suivi l’une de ces réunions dans le Val-de-Marne, fin mars. Cette après-midi-là, trois médecins de famille (tous ont souhaité rester anonymes) sont venus poser leurs questions aux experts de l’installation.
La série de rencontres débute avec le Dr A., installée depuis 5 ans dans un cabinet de groupe dans un immeuble social. Elle souhaite changer de lieu d’exercice pour intégrer des locaux plus confortables, plus sécurisés et aux normes d’accessibilité. Elle aimerait toutefois garder sa patientèle et rester dans le même secteur géographique. Dans la commune voisine, à 300 mètres du cabinet actuel, un nouveau projet immobilier est susceptible de l’intéresser, elle et son futur associé, mais la généraliste s’interroge sur le prix proposé par le promoteur : plus de 600 000 euros pour 123 m2 en rez-de-chaussée livrés bruts. Le double du prix d’un cabinet « sur projet similaire que nous avons suivi dans le secteur, l’avertit David Bresson, en charge des permanences à l’URPS. Il faut chercher quelque chose de plus intéressant. On peut aller rencontrer le maire avec vous, pour voir si d’autres offres de promoteurs pourraient vous convenir », rassure-t-il.
La solution convient bien au Dr A. et à son futur associé. La permanence de l’URPS leur servira aussi à être mis en contact avec des professionnels de santé susceptibles de les rejoindre.
S’installer, mais avec qui ?
La deuxième participante du jour, le Dr G., est une généraliste actuellement remplaçante dans un autre département d’Île-de-France. Elle souhaite s’installer dans le 94 à l’horizon 2020. Il s’agit d’une première prise d’informations. Très vite, la question du zonage des ARS pour pouvoir bénéficier d’aides à l’installation est abordée. Mais le secteur de recherche du Dr G. ne se situe pas en zone prioritaire – ce qui ne semble pas la freiner.
Les membres de la permanence installation n’ont ce jour-là pas connaissance de projets pouvant convenir à sa recherche. « Nous vous recontacterons si une offre émerge. Ce n’est pas parce que nous ne connaissons pas de projet qu’il n’en existe aucun », fait remarquer David Bresson. Ce dernier lui conseille de contacter les cabinets de groupe de son secteur de recherche grâce à l’annuaire Ameli en ligne et de lire régulièrement les annonces sur le site de l’URPS soignereniledefrance.org. « Une autre solution serait de créer votre cabinet », suggère le Dr Jean-Noël Lepront, généraliste élu URPS et coordinateur des associations Sami 94 (permanence des soins). Selon lui, participer aux Sami pourrait également lui permettre de se constituer un réseau et de trouver d’éventuels associés. La généraliste repart donc avec quelques conseils, et l’assurance qu’une fois son projet mûri, elle sera accompagnée.
La collaboration, un choix intéressant ?
La dernière candidate du jour, le Dr J., est une généraliste qui partage son temps entre remplacements et activité salariée en PMI. Elle souhaite s’installer en libéral plus tard, mais recherche pour l’instant un poste de collaboratrice, tout en gardant son activité salariée deux jours par semaine. « Pourquoi ne pas privilégier une association d’emblée ? » lui demande le Dr Lepront. La généraliste affirme qu’elle souhaite « y aller par étapes ». « Je n’ai connu que le remplacement où je n’avais pas à m’occuper de tout ce qui est comptabilité, gestion… Pour moi, la collaboration est un bon test intermédiaire », répond-elle.
Le Dr J. souhaite en savoir plus sur la collaboration : « Est-ce qu’un généraliste peut avoir deux collaborateurs ? Est-ce que ça vaut la peine d’être collaboratrice deux jours par semaine au niveau des charges ? » Les médecins de la permanence tentent de répondre aux questions et alertent le Dr J. sur certains points : impossibilité de bénéficier des aides à l’installation en travaillant moins de deux jours et demi par semaine en libéral, risque de dépasser le seuil du micro BNC avec les gardes, etc. Le Dr J. repart en y voyant un peu plus clair sur le statut de collaborateur.
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