Non, les généralistes n’abandonnent pas la PDS ! Après le directeur général de la Cnamts la semaine dernière, le dernier rapport de l’Ordre sur la PDS réalisé par le Dr Jean-Michel Beral confirme l’investissement de la profession sur les gardes… Il y a ainsi aujourd’hui plus de médecins régulateurs et plus de Maisons médicales de garde que l’année précédente. Mais l’Ordre pointe l’érosion continue du volontariat et les incertitudes auxquelles sont confrontées les MMG...
L’inexorable effritement du volontariat
Le volontariat des gardes poursuit son érosion amorcée il y a quelques années. En effet, le pourcentage des volontaires (voir carte ci-dessus) reste supérieur à 60% dans les deux tiers des départements alors que c’était le cas dans 73% des départements il y a deux ans. Dans un tiers des territoires, la PDS fonctionne avec moins de 10 volontaires. Dans la moitié d’entre eux avec moins de cinq. Or, dans ces territoires fragilisés, «la fréquence des gardes devient insupportable», affirme le Dr Jean-Michel Beral. D’après la carte du volontariat, les généralistes sont, en proportion, moins nombreux à participer aux gardes dans les départements franciliens et du littoral de la Méditerrannée -zones couvertes par SOS Médecins- ainsi que dans le sud de la Corse.
Toujours plus de resectorisation
La résectorisation, qui semblait avoir atteint ses limites, gagne encore du terrain comme, du reste, l’arrêt des gardes de nuit profonde. La France compte aujourd’hui 1 764 secteurs contre 1 910 il y a un an. En dix ans, leur nombre a été divisé par deux. La resectorisation est particulièrement forte au sein des régions PACA, Corse et Midi-Pyrénées. À noter: ces régions ont été, avec la Guadeloupe, les dernières à signer leurs cahiers de charges de la PDS.
La garde de nuit profonde en voie de disparition ?
Après minuit, il n’y a plus de gardes libérales dans six secteurs sur dix, selon l’Ordre, à cause d’une l’activité trop « faible ». Mais aussi à cause d’une « logique comptable », à l’oeuvre dans certaines ARS, qui vise à faire des économies sur le paiement des astreintes, déplore le rapport du CNOM. Quatre départements ont rejoint ce mode de fonctionnement en 2013. Il s’agit de la Savoie, des Vosges, de l’Yonne et de la Guadeloupe.
La participation à la régulation se confirme
La participation des généralistes à la régulation libérale est croissante. Les régulateurs libéraux sont présents dans la presque totalité des départements (97 %). Ils sont, à ce jour, 2.760. Leur nombre a même augmenté (de 4 %) par rapport à l’année dernière. Si la progression est nette dans certains départements - comme le Var, l’Isère, la Meurthe-et-Moselle, le Gers - elle reste fragile avec des départements où la participation diminue comme, par exemple, dans la Moselle et les Pyrénées-Atlantiques.
Des nouvelles MMG se créent
Le nombre de sites dévolus à la permanence des soins, comme les maisons médicales de garde, a augmenté de 10 % grâce à la création de 38 nouveaux sites l’an passé. Les nouveaux sites ont été créés en Creuse, Corse du Sud, Aude, Cantal, Charente-Maritime, Haute-Garonne, Finistère, Nord, Oise, Seine-Maritime, Seine-et-Marne, Yvelines et Vaucluse. L’Ordre recense au total 407 sites qui couvrent toujours un quart du territoire puisque le nombre de secteurs a été réduit. Encore une fois, l’Ordre s’inquiète de l’absence de pérennité de ces structures.
Les réquisitions reculent
Alors que 2012 avait marqué le retour des réquisitions, en 2013 ces procédures sont moins nombreuses. Les préfets n’y ont eu recours que dans 21 départements (contre 26 en 2013).
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