Même s’ils ne peuvent pas prendre part aux élections URPS, les remplaçants ont bien l’intention de mettre leur grain de sel dans la campagne. Conscient des enjeux de l’élection à venir le syndicat ReAGJIR (regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants) souhaitait faire entendre la voix des jeunes généralistes et remplaçants. Parce qu’ils ont l’impression d’être rarement pris en compte dans leurs revendications par des syndicats représentatifs seuls conviés à participer aux négociations conventionnelles.
Sur la ROSP par exemple, ReAGJIR continue de répéter que le dispositif favorise les médecins installés depuis longtemps et ayant un grand nombre de patients « médecin traitant ». Mais la ROSP étant discutée dans le cadre de la convention, les idées des jeunes et remplaçants ont du mal à peser. C’est pourquoi ils s’opposent aussi à l’amendement récent du Sénat sur la loi de Santé qui veut que les problématiques d’accès aux soins et de pénurie médicale rentrent dans les négociations conventionnelles.
La sensation d’être exclus
Loin de s’apitoyer de ne pas être convié dans la cour des grands, ReAGJIR a pris les choses en main et a adressé un court questionnaire aux différents syndicats candidats pour entendre leur position sur des sujets importants pour les jeunes généralistes et remplaçants. Au menu de leurs préoccupations : l’amélioration de la prévoyance pour les remplaçants en particulier, l’amélioration de l’exercice ambulatoire sur le territoire, la rémunération des médecins de premier recours et le conventionnement des remplaçants. Sur les quatre principaux syndicats, seuls la CSMF et MG France ont répondu. Une preuve de plus pour ReAGJIR que les syndicats seniors font peu de cas des préoccupations des jeunes.
Conclusion sans appel des jeunes : « ReAGJIR ne se reconnaît pas dans ces élections dont l’organisation exclut une grande partie des jeunes médecins (…) nos aînés se préoccupent trop peu des plus jeunes et ne répondent pas à leurs questions », déclare le syndicat qui appelle donc au boycott des élections aux URPS. Scrutin qui, selon eux, participe à un « système qui ne représente et ne défend que les médecins installés (de longue date) ».
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