Aux journées du SML, le syndicat se souvient de la « parodie » de négos

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Publié le 09/10/2023
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Crédit photo : Julien Moschetti

« Nous avions eu le droit à une parodie de négociations », jugeait en février la Dr Sophie Bauer, présidente du SML, quelques jours avant l’échec des négos conventionnelles. Huit mois plus tard, lors de ses Journées à La Rochelle, le syndicat n’a pas changé d'avis et veut croire que le nouveau round avec la Cnam sera très différent.

Le SML a organisé un temps d'échange sur la convention et le règlement arbitral, qui a fait office de catharsis. L’occasion pour ses cadres de revenir sur la méthode de la caisse, extrêmement décriée. « La forme était ahurissante » car la majorité des séances étaient bilatérales (et non multilatérales), a raconté la Dr Christine Bertin-Belot, médecin généraliste, qui « n’avait jamais connu ça ». Documents complexes adressés tardivement par la caisse, contenu variable selon les versions, etc : les critiques ont fusé. 

Rien à négocier ?

Sur le fond, il n’y avait « rien à négocier », déplore la secrétaire générale de la branche généraliste du syndicat. On présentait « le jour même » aux syndicats « un diaporama, sur lequel on n’a pas pu travailler ». Les organisations étaient invitées à « discuter sur les points et les virgules du diaporama ». Et quand les syndicats signalaient « un problème de fond », on nous répondait qu'on verrait la prochaine fois, se désole la généraliste. « Quand on posait des questions incisives à Fatôme, il ne répondait pas, il prenait des notes », ajoute le Dr Dominique Masseys, radiologue à Pau. Le secrétaire général de la branche spé regrette l’époque où « il y avait encore une certaine discussion entre les représentants des caisses et les syndicats représentatifs. »

Des questions sensibles éludées

Certaines questions sensibles auraient été éludées, selon les délégations. Sur les honoraires, la Cnam savait que « MG France et la CSMF sont traditionnellement un peu plus disposés que nous à discutailler sur les tarifs », avance la Dr Bertin-Belot, qui n'a pas pu évoquer ces sujets alors que la discussion tarifaire était un « préalable à toute discussion » (le syndicat vise toujours la consultation de base à 50 euros). C’est aussi en faisant des copies d’écran des diaporamas que certains membres du SML ont découvert que « nous n’avions pas les mêmes informations que les autres syndicats »

Pour le Dr Éric Tanneau, psychiatre parisien, secrétaire général de la branche spé du SML, le déroulé montre qu’il n’y a « pas eu vraiment de négociation ». « Tout est imposé, comme durant la réforme des retraites », clame-t-il. Le Dr Jean-Marc Winger va plus loin. Les syndicats étaient là pour « signer le programme politique du candidat Macron, se souvient avec amertume le généraliste de Neuilly-l’Évêque. C’est d’ailleurs pour cela d’ailleurs que cela n’a pas marché »


Source : lequotidiendumedecin.fr