Les centres de santé avaient placé leurs 55ème congrès sous un postulat fort : « Les centres de santé. Le choix de l’évidence ». Si les participants au Congrès en était convaincus, l’affirmation pouvait quand même prendre la forme interrogative lors d’une table ronde où intervenait notamment Catherine Lemorton, présidente de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale, et Patrick Bouet, Président de l’Ordre.
D’emblée, Catherine Lemorton tient à rassurer une nouvelle fois l’auditoire « les centres de santé c’est une évidence aussi pour les politiques, en tout cas pour la majorité actuelle ». Et de mettre en avant les articles les concernant dans la loi de Santé, quoiqu’elle reconnaisse « qu’elle n’est pas parfaite vous concernant ». Tout de même, Eric May président de l’Union syndicale des médecins des centres de santé (USMCS), semble déjà s’en satisfaire : « la loi de santé va permettre des mesures correctives », souligne-t-il, appréciant par exemple qu’il soit désormais écrit noir sur blanc que les centres de santé ne puissent avoir que des gestionnaires à but non lucratif, ou qu’il soient obligés de pratiquer des tarifs opposables. Sur le récent accord national, Eric May se réjouit de « mesures de justice qui gomment une discrimination », qui vont permettre notamment aux centres de santé de bénéficier de la ROSP.
Même s’ils sont sûrs de leurs modèles, les médecins des centres de santé ont tout de même des inquiétudes sur la sécurisation des structures, leurs statuts et leurs santés financières. Il a notamment été évoqué l’exemple du centre de santé de Grigny (Rhône) fermé depuis hier sur décision de la mairie sans aucune concertation. « Aujourd’hui avec l’évolution de la société et de la Santé publique il faut absolument renforcer les soins de santé primaires. Et ce n’est pas n’importe quel acteur qui peut répondre à ces enjeux » souligne Hélène Colombani, secrétaire générale de la FNCS (fédération nationale des centres de santé). « On nous dit que les centres de santé sont un gouffre financier, mais on ne fait pas que du soin et on ne peut pas être financé dans le cadre d’un paiement à l’acte » ajoute-t-elle.
Sur le paiement justement, les centres de santé sont peut-être les seuls à avoir accueilli avec enthousiasme la réforme du tiers payant généralisé. Eux le pratiquent depuis 50 ans, mais comme Eric May l’avait déjà annoncé en début de semaine, les centres de santé refusent de continuer à supporter seuls son coût de fonctionnement. En présence de Catherine Lemorton, il a réitéré sa proposition d’être les "cobayes" du nouveau dispositif : « soit on peut d’ores et déjà tester le dispositif qui sera mis en place en 2017, soit, si techniquement ce n’est pas possible pour l’instant, on demande des financements en attendant sa mise en place ».
Le futur des centres de santé est aussi à penser par rapport à l’enjeu majeur que Patrick Bouet définit comme le « défi territorial ». « Il faut un dispositif qui intègre dans le territoire tous les acteurs, il n’y a pas à hierarchiser » a-t-il déclaré. Pour Eric May, la solution d’avenir est toute trouvée, « l’établissement public ambulatoire, implanté selon le maillage territorial ». Un concept qui n’a pas eu l’air de convaincre outre mesure le président du CNOM.
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