Élection ou référendum ? On pourrait se poser la question à un mois d’un scrutin aux URPS médecins qui se tient alors même que les débats sur la loi de santé de Marisol Touraine reprennent au Parlement. Tous vos syndicats sont contre cette réforme. Et il traîne comme une odeur de poudre sur leur plateforme et dans leurs discours… Le vote du 12 octobre ne servira donc pas à les départager sur ce terrain. Mais il est clair que, dans ce contexte d’hostilité à sa réforme, le gouvernement regardera de près la participation. Qu’elle vienne à dépasser les 60 % ? Ce serait le signe d’une mobilisation forte des praticiens contre sa politique. En dessous de 40 % ? Les pouvoirs publics pourraient s’asseoir gentiment sur les critiques de vos représentants…
Le deuxième enjeu du scrutin est plus classique : il s’agira de donner ou non quitus au cadre conventionnel actuel, issu de la convention de 2011. Là encore, les cartes sont un peu brouillées et la distribution moins limpide que lors des éditions précédentes. Rappelons en effet que tous vos syndicats ont adhéré au dispositif actuel, même si la FMF l’a fait en se bouchant le nez et si la signature du SML tient du soutien de la corde pour le pendu… À côté, CSMF et MG France s’observent, concurrents mais finalement solidaires sur la paternité de la ROSP et de quelques revalos issues de l’avenant n°8. Entre lignes contractuelles et contestation tous azimuts - même si la frontière est plus floue que d’habitude - les médecins libéraux vont devoir encore une fois arbitrer.
Reste le défi majeur : l’avenir. Car il ne faut pas oublier qu’avec ce vote se joue aussi le premier acte des discussions avec l’Assurance Maladie. Plus une organisation pèsera de suffrages et plus la Cnamts devra compter avec elle pour négocier la convention de 2016. Ces dernières années, à la faveur de nouvelles règles de représentativité, le résultat des urnes est même devenu incontournable : on saura mi-octobre qui peut signer seul et qui peut empêcher un accord… Dans ce contexte d’extrême politisation du scrutin, on regrettera néanmoins un peu la faiblesse de la campagne sur le plan prospectif. C’est vrai pour le cadre national. Et plus encore au plan régional où le défi est pourtant plus important que jamais. Car, si les pouvoirs des URPS ne changent guère avec la réforme Touraine, les ARS vont gagner en puissance de feu. Et les médecins n’auront qu’une alternative : travailler avec ces super-préfets sanitaires… ou réussir à leur faire contrepoids.
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