La période préélectorale s’y prête. Et à trois semaines des élections aux URPS, il ne faut guère s’étonner d’une surenchère syndicale qui prend parfois des allures de course à l’échalote sur les revendications tarifaires. Ces dernières semaines, certains sont allés réclamer jusqu’à près de 50 euros la consultation quand d’autres ont attaqué des restrictions tarifaires qui remontent à presque 10 ans… Il y a quinze jours, lors des universités de la CSMF, le patron de la Cnamts a tenté un peu maladroitement de calmer le jeu en sortant une de ces stats que la Sécu a toujours en réserve : les revenus bruts des généralistes auraient augmenté, selon lui, de près de 10 % en cinq ans… Las… La tentative d’apaisement a plutôt rallumé les ardeurs de ses hôtes, les troupes de la CSMF. Il faudra sans doute que Nicolas Revel, attendu ce week-end à Marseille pour le congrès du SML, trouve d’autres arguments pour désamorcer les revendications des médecins libéraux…
Car les pouvoirs publics ne sont pas pour rien dans cette agitation tarifaire qui gagne le monde libéral. Côté pile, les marges de manœuvre existent, n’en déplaisent aux comptables de tout poil : les soins de ville ont évolué ces dernières années plus que calmement, leur taux d’évolution dépassant à peine les 2 %, en deçà même des objectifs imposés… Côté face, la situation financière des médecins libéraux ne semble, en revanche, guère émouvoir. En 2015, les internes ont bénéficié d’une réduction de leur temps de travail, les urgentistes hospitaliers aussi, avec heures sup à la clé pour ces derniers en cas de dépassement… Et quant au reste des PH, le coup de pouce serait imminent, au moins en début de carrière, suite au rapport de l’ex-sénateur Jacky Le Menn.
Qui dit mieux ? Certainement pas les médecins de ville qui semblent, décidément, les oubliés du secteur santé. C’est pourtant d’abord dans le secteur ambulatoire – les chiffres de l’Ordre en attestent – que l’on constate les plus gros problèmes d’attractivité. Et ce ne sont pas les quelques mesures annoncées la semaine dernière sous forme de bourses d’étude et de maisons de santé supplémentaires par le président de la République qui bouleverseront la donne… Pendant ce temps, le C stagne depuis bientôt cinq ans. Et si l’on additionne délais de négos et délais légaux, il y a toutes chances pour qu’il ne bouge pas avant 2017 ! Alors, si vos syndicats en rajoutent actuellement, c’est peut-être pour eux une façon de prendre date en rattrapant par avance le temps perdu…
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