Faut-il en rire ou en pleurer ? Le projet initial, vendredi dernier, d’imposer aux libéraux de santé une attestation pour justifier leurs déplacements professionnels dans les neuf villes de France où le couvre-feu a été établi a fait grincer bien des dents. Le message des directeurs généraux de l’offre de soins (DGOS) et de la Santé (DGS) a exaspéré les médecins de ville, qui l’ont vécu comme un nouveau manque de considération. Le ministère de la Santé a eu beau suspendre cette disposition dès lundi soir, après avoir été interpellé vivement par l’Ordre et les syndicats, le mal était fait.
Cet épisode malheureux n’est pas qu’une simple maladresse. Déjà en mars dernier, lors de l’entrée en vigueur du confinement, des médecins avaient rencontré des difficultés dans leurs déplacements professionnels du fait de demandes contradictoires de la police. L’Ordre des médecins avait dû intervenir auprès du ministère de l’Intérieur pour que la carte professionnelle permette aux praticiens de circuler librement dans l’exercice de leur fonction.
Au final, une fois encore, la carte professionnelle suffira en cas de contrôle lors des déplacements entre 21 heures et 6 heures en région parisienne, à Lyon, Lille, Toulouse, Marseille… Qu’imaginait-on, avenue de Ségur ou place Beauvau, en envisageant une nouvelle fois cette mesure ? Que les médecins, pharmaciens ou kinés braveraient le couvre-feu pour leur bon plaisir quand le reste de la population serait cloîtré ?
Quel signal veut envoyer le gouvernement à ces professionnels libéraux, si ce n’est qu’ils doivent se soumettre encore et toujours à l’administration ? Les médecins sont des citoyens comme les autres et imprimer un formulaire n’est pas la mer à boire, observeront les pinailleurs. Certes, mais dans cette nouvelle période de crise sanitaire, à un moment où les médecins sont à nouveau soumis à forte pression, cette folie paperassière a-t-elle réellement un sens ? La raison l’a finalement emporté. Mais que d’énergie perdue.
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