Furieuse de l'adoption de la convention médicale, l'Union française pour une médecine libre (UFML) songe sérieusement à se constituer en syndicat. Créée en 2012 en tant qu'association sous l'impulsion des médecins « pigeons », l'Union a lancé en ce sens un sondage sur son site auprès de ses adhérents. Elle décidera le 17 septembre, en assemblée générale à Paris, lors d'un vote ouvert à ses adhérents à jour de cotisation, si elle change officiellement de statut.
« Quel que soit le choix des adhérents, l'UFML doit se renforcer et prendre plus de place encore, confie ce mercredi au « Quotidien » son président, le Dr Jérôme Marty. Nous nous posons la question de la transformation en syndicat depuis trois ans et le scénario conventionnel que nous venons de vivre a accéléré la décision d'organiser ce vote. »
Le généraliste de Fronton juge que la signature de la convention médicale 2016/2021 par MG France, mais surtout par la FMF et Le BLOC, deux organisations contestataires dont l'association est historiquement très proche, est une « erreur politique majeure ».
« On ne peut pas contractualiser avec les gens qui ont mis en place la loi de santé ! Nous espérions une union syndicale et pas qu'ils signent pour deux balles », lâche-t-il, amer. Lui-même élu sous l'étiquette FMF en octobre 2015, membre de l'URPS Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, le Dr Marty n'a pas résilié son adhésion. « Mais dans ma tête, je ne suis plus adhérent FMF », lâche-t-il.
Davantage de poids
S'il n'exprime pas officiellement sa position sur l'opportunité de créer un syndicat, afin de ne pas influencer les membres de l'association, le patron de l'UFML estime que cette décision lui permettrait d'avoir peut-être « plus de poids auprès des politiques ». « La santé a besoin d'un électrochoc », clame-t-il encore, estimant qu'il faut revoir sa gouvernance, son financement et la démocratie sanitaire.
« La constitution de l'UFML en syndicat serait une erreur majeure », analyse pour sa part le Dr Jean-Paul Hamon, président de la FMF, qui avait passé une alliance avec l'UFML à l'automne dernier pour constituer des listes aux élections professionnelles.
Le Dr Hamon rappelle avoir œuvré ces dernières années pour fédérer les généralistes et les spécialistes au sein de son propre syndicat, en accueillant de nombreux praticiens issus des coordinations. Il affirme que le fait d'avoir signé la convention n'enlèvera pas une once de combativité à la FMF face à la loi Touraine et au tiers payant généralisé.
La transformation de l'association UFML en syndicat aurait une incidence majeure d'un point de vue financier. Selon le Dr Patrick Carlioz, chirurgien pédiatrique libéral à Lyon, adhérent du BLOC et observateur attentif du syndicalisme médical, l'UFML devra avoir « des cotisations en concordance avec les injonctions des inspecteurs de l'IGAS (elles sont actuellement de 50 euros par an, NDLR). Jérôme Marty pourra vraiment compter ses troupes quand les cotisations passeront à un niveau crédible entre 200, voire 250 euros », conclut-il.
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