LE QUOTIDIEN - Qu’est-ce qui vous a amené à quitter votre pays d’origine ?
Dr LIVIU DANILA - Mon parcours est un peu particulier. J’ai fait mes études de médecine en Roumanie. L’exercice y est très différent de ce qu’on peut trouver ailleurs en Europe. Chez nous, les médecins sont en permanence contrôlés, et il faut suivre une multitude de procédures. Par exemple, quand un patient diabétique venait me voir, en tant que généraliste, je ne pouvais pas le soigner. La seule chose que je pouvais faire, c’était l’adresser à un spécialiste. Si bien que j’avais l’impression de perdre une partie de mes compétences, à force de ne pas les utiliser.
C’est ce qui vous a donné envie de vous expatrier ?
Oui, j’ai toujours rêvé de pratiquer une médecine civilisée. L’argent arrive loin derrière ces préoccupations. En 2003, je pratiquais les arts martiaux, et c’est mon entraîneur, un espagnol, qui m’a aidé à aller en Espagne. Mais c’était avant l’adhésion de la Roumanie à l’Europe, et j’ai dû, à mon arrivée, faire homologuer mes études. Ca m’a pris près de six mois. J’ai exercé environ 3 ans là-bas, mais il m’a fallu rentrer car mon père venait de mourir. Je suis fils unique, il fallait que je m’occupe de ma mère.
Quand êtes-vous arrivé en France ?
Tout récemment, le 15 février dernier. J’ai vu passer une annonce sur un site Internet depuis la Roumanie, j’y ai répondu et la commune de Figanières, dans le Var, qui cherchait à remplacer un de ses deux médecins généralistes, a pris contact avec moi. J’ai été très bien accueilli, tant par la mairie que par les habitants. Ils ont mis à ma disposition un cabinet dans un bâtiment municipal rénové. Je partage ce bâtiment avec l’autre généraliste de la ville. Quant aux patients, ils me félicitent et m’encouragent. Je suppose que c’est une attitude normale en France, mais ça fait très plaisir.
Comment voyez-vous votre avenir ?
Je voudrais rester en France. Certes, comme partout, la bureaucratie y existe, mais elle est bien pire en Roumanie. En France, les choses marchent. Si j’arrive à économiser suffisamment d’argent, j’aimerais beaucoup m’acheter une maison ou un appartement.
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