Depuis le début de la pandémie, plus de 62 millions de tests RT-PCR ont été réalisés – dont 80 % par des laboratoires privés de biologie médicale.
Pour tenir ce rythme, le secteur – fort de 40 000 collaborateurs dont 5 000 médecins ou pharmaciens, répartis sur 3 900 sites – a dû s'adapter en investissant rapidement dans des équipements de pointe (automates), en recrutant 50 % de personnel supplémentaire et en formant les équipes aux nouvelles technologies. « On a été capables d'accueillir plus de deux millions de patients par semaine tous labos confondus », insiste Stéphane Eimer, président de Biogroup. « Nous avons été réactifs pour transformer notre métier, acquérir de nouvelles compétences dans le domaine du criblage et du séquençage du génome, mettre en place de nouvelles organisations, abonde le Dr Alain Le Meur, médecin biologiste, président de l'association pour le progrès de la biologie médicale (APBM, qui fédère 85 % des laboratoires). Mais il faudra prévenir l'arrivée d'autres pandémies. Nous devons nous y préparer. »
Vers une biologie de prévention
Dans ce contexte, l'association parie sur la transformation progressive de la spécialité « passant d'une biologie de diagnostic à une biologie de prévention basée sur le dépistage précoce », avance le Dr Dominique Lunte, présidente du réseau Les biologistes indépendants (LBI).
Là encore, la mutation passe par l'appropriation d'avancées scientifiques, technologiques et numériques. Déjà arrivent déjà sur le marché des tests innovants « qui renseignent sur le vieillissement des cellules, certaines maladies cardiovasculaires, les troubles de l'humeur et bientôt, on pourra détecter les cellules cancéreuses à partir d'une prise de sang », soutient l'association.
Pour se préparer à l'émergence d'autres pandémies virales, l'APBM envisage aussi la création de plateformes de séquençage « permettant de suivre l'évolution de nouvelles souches du virus, de développer d'autres techniques de dépistage et de suivi des maladies émergentes », précise le Dr Alain Le Meur. Les laboratoires privés comptent également sur l'innovation digitale pour assurer des échanges beaucoup plus fluides et généraliser le pré-enregistrement des dossiers des patients afin de réduire les délais d’attente et de rendu des résultats, même spécialisés.
Ce virage de l'innovation risque d'entraîner une forme d'hyperspécialisation. Face à ce risque, l'APBM sera attentive à la coopération renforcée avec l'ensemble des acteurs du parcours de soins. À l’instar des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) qui existent en oncologie par exemple, la collaboration entre médecins, pharmaciens biologistes et autres spécialistes, mais aussi entre les secteurs public et privé, est fondamentale. Pour Catherine Courboillet, présidente de Cerba HealthCare, l'enjeu est de « passer d'un système curatif à un système préventif, grâce à l'utilisation de la biologie avec le bon test au bon moment. »
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