Invitée ce matin par l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis), Élisabeth Borne est revenue sur plusieurs chantiers concernant la santé, au lendemain de sa présentation de la feuille de route du gouvernement pour les 100 prochains jours. S'agissant de la ville, la Première ministre a reconnu que le règlement arbitral rendu par Annick Morel, après l'échec des négociations conventionnelles entre les syndicats de médecins libéraux et l'Assurance-maladie, « ne plaît à aucune des parties ». « L'arbitre a trouvé un compromis provisoire et il ne s'agit pas de s'installer dans cette situation », a-t-elle déclaré. Interrogée par le « Quotidien », elle a dit souhaiter que « les discussions entre les partenaires conventionnels puissent reprendre ». Mais quand ?
50 euros la consultation, c'est non
Alors que les représentants de la profession ont réclamé l'ouverture des négociations « avant l'été », la locataire de Matignon refuse de s'engager sur un calendrier. « Pour qu'elles puissent reprendre, il faut que l'on identifie d’où viennent les différences de vision », estime-t-elle. Y aura-t-il par ailleurs des moyens supplémentaires pour ce nouveau cadre de négociations, comme le revendiquent les syndicats ? Élisabeth Borne a reconnu que « le règlement arbitral n'a pas mis tous les moyens prévus ». Mais les moyens supplémentaires qui seront donnés « ne sont pas infinis ». « On aura du mal à trouver un accord sur une consultation à 50 euros », a-t-elle d'ores et déjà prévenu.
Devant la presse, elle a également confirmé qu'une proposition de loi (PPL) relative à la santé et aux territoires portée par Frédéric Valletoux, député Horizons, est « en cours ». Une première PPL déposée par l'urgentiste Thomas Mesnier en février avait été retirée « par sagesse » par le parlementaire ancien président de la FHF car elle avait soulevé un tollé du côté des médecins en raison de plusieurs mesures contraignantes. Cette fois, selon Élisabeth Borne, la nouvelle mouture de la propositon de loi aurait vocation à « embarquer » les mesures nécessaires issues des CNR territoriaux en particulier sur la consolidation de la permanence des soins ou la généralisation des CPTS. Contiendra-t-elle que des mesures incitatives ? Pas de réponse du côté de Matignon.
Pas de réponse sur les lapins
Sollicitée par le « Quotidien » sur un éventuel projet de taxer les patients qui ne respectent pas leurs rendez-vous médicaux, la Première ministre a reconnu « qu'un travail pour dissuader » les usagers de prendre plusieurs rendez-vous chez Doctolib est « en cours ». « Il faut pouvoir objectiver la défaillance du patient qui n'a pas annulé ses rendez-vous, cela ne va pas de soi », a-t-elle ajouté. « On entend la colère des médecins. On est déterminé à s'attaquer sur ce sujet de crispation. Mais je n'ai pas de réponse », a-t-elle expliqué.
Enfin sur l'hôpital, Élisabeth Borne s'est montrée déterminée à aller « au bout du bras de fer » avec les praticiens intérimaires, malgré les fermetures de services déjà constatées. « Est-ce que c'est facile ? Non, clairement pas », a reconnu la cheffe du gouvernement, qui a vanté la « très forte mobilisation des agences régionales de santé pour que ces services qui sont fragilisés puissent bénéficier d'appuis » des hôpitaux voisins. « Mais reculer serait catastrophique pour notre hôpital public », a-t-elle affirmé. Depuis le 3 avril, le gouvernement a décidé d'appliquer strictement la loi encadrant les rémunérations des médecins intérimaires dans le secteur public, qui sont désormais plafonnées à 1 390 euros brut pour une garde de 24 heures.
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