Soleil, chaleur, joies nautiques, douceur de vivre… C’est bien connu, le Midi attire les médecins comme le paratonnerre la foudre. C’est du moins ce qu’on entend souvent dire lorsqu’est évoquée, en famille autour d’un gigot dominical ou entre amis dans un bistrot de quartier, la question de la désertification médicale. Le problème, c’est que cette observation de bon sens ne se retrouve pas dans les chiffres.
Un bref coup d’œil à l’Atlas 2017 établi par le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) permet de s’en rendre compte. Seulement deux des sept départements de la façade méditerranéenne (l’Hérault et les Pyrénées-Orientales) ont connu entre 2010 et 2017 une augmentation du nombre de médecins en activité. Par comparaison, sur la même période, la Vendée est le seul des huit départements de la façade Atlantique qui a connu une diminution. Quant aux départements situés au bord de la Manche, ils sont six sur neuf à avoir vu le nombre de médecins en activité croître sur cette période.
Moyenne d’âge en baisse
Une tendance qui se retrouve lorsqu’on s’intéresse au vieillissement des médecins : tous les départements méditerranéens ont vu la moyenne d’âge des médecins en activité augmenter depuis 2017, tandis qu’au bord de l’Atlantique et de la Manche, seuls le Pas-de-Calais, les Côtes-d’Armor et les Landes sont dans cette situation.
La comparaison entre le nombre de nouveaux inscrits au tableau de l’Ordre en 2010 et en 2017 est également éloquente : sur les bords de la Manche et de l’Atlantique, tous les départements sauf le Pas-de-Calais et les Côtes-d’Armor connaissent une augmentation du nombre annuel de nouveaux arrivants supérieure à 11 %. Sur les bords de la Méditerranée, cette augmentation était inférieure à 11 % pour tous les départements sauf les Pyrénées-Orientales, l’Hérault et le Gard.
Les jeunes aussi
La prédilection pour l’Ouest semble d’ailleurs être ancrée dès le début de la carrière des médecins. C’est du moins ce que l’on peut déduire du classement des CHU les plus attractifs, établi tous les ans depuis 2014 par le magazine « What’s up Doc », en fonction du rang moyen aux ECNi des nouveaux internes qui font leur rentrée dans les divers CHU. Chaque année depuis trois ans, c’est Nantes qui décroche la première place (rang moyen des nouveaux internes de 2 734 en 2017). Les autres établissements occidentaux sont tous bien placés (en 2017, Bordeaux était 3e, et Rennes 6e).
Les hôpitaux méridionaux, en revanche, ne brillent pas du même éclat aux yeux des futurs médecins : Nice est 16e avec un rang moyen de 4720, et Marseille 11e (4 032). Même Montpellier, habituée aux honneurs de ce classement (elle était 3e l’année dernière), a cette année dégringolé à la 8e place. Le point cardinal préféré des médecins ne semble donc pas être le Sud, mais plutôt l’Ouest.
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