LE QUOTIDIEN : Quel est votre sentiment à l’annonce de cette mission ?
DR MICHEL LEGMANN : C’est un sentiment de responsabilité, car si le président de la République a choisi de me confier cette mission, c’est qu’il a estimé que j’étais apte à la remplir et à diriger un groupe d’experts.
C’est l’aboutissement de multiples contacts, et du travail assidu de l’institution et de ses représentants. L’Ordre apparaît comme un facteur d’équilibre, apte à faire des propositions raisonnables et constructives, apte aussi à faire la synthèse de tout ce qu’on peut entendre.
Quelle va être votre méthode ?
La méthode est simple, elle consiste d’abord à réunir un certain nombre d’experts, une douzaine environ, émanant de différents horizons, comme l’économie de la Santé ou la politique. Donc, pas forcément des médecins, mais des gens qui se sont fait une réputation par leur connaissance du monde médical. Je ne vais pas m’entourer de touristes ! Nous procéderons ensuite à un état des lieux pour voir où nous en sommes, et identifier les principaux problèmes.
Sur le délai, le président ne vous colle-t-il pas un peu la pression ?
Oui, mais c’est sa méthode de travail. C’est un homme extrêmement actif, et il a l’habitude que ça bouge autour de lui, que ça bouge énormément. Je ferai du mieux que je peux pour essayer de tenir ce délai, mais je crois que j’aurai certainement un peu de difficultés, car c’est très court.
Les syndicats sont plutôt favorables à cette initiative présidentielle, mais ils souhaitent des mesures immédiatement applicables
…
Parmi les préconisations auxquelles j’espère aboutir, certaines seront immédiatement réalisables, tout au moins dans les mois suivants ; d’autres nécessiteront un peu d’adaptation. Ce n’est pas la course à l’échalote, on est dans une réflexion importante. J’ai identifié un certain nombre de problèmes : la démographie, le désintérêt des jeunes générations pour l’exercice libéral. Il faut y apporter des solutions. Dans son intervention, le président a souligné que sur dix inscriptions au tableau de l’Ordre, une seule concerne le secteur libéral ! Où va-t-on ? Ce sont de vastes questions et je ne suis pas certain qu’on résoudra le problème avec quelques euros de plus. On est arrivé au bout du chemin, le problème ne se résoudra pas uniquement avec de l’argent. Les médecins sont aussi intéressés par d’autres modes d’exercice, il y a beaucoup de choses à faire sur ce sujet. Et le fait de parvenir à plus de temps médical et à moins de temps administratif est aussi un aspect important.
Qu’allez-vous apporter de plus que la loi HPST qui vient juste d’être votée?
La loi n’a pas tout prévu. Elle définit les grandes orientations, mais après il faut prendre des mesures pour qu’elle soit appliquée dans sa philosophie. Il y a tout ce qui relève de la décentralisation, des ARS, des liens à créer entre la médecine publique et la médecine libérale, tout ça reste à faire.
Cette mission s’inscrit en parallèle de la loi pour préciser un certain nombre de choses en matière de médecine libérale, et peut-être d’aller au-delà car aucune loi ne peut tout prévoir.
Votre mission démarre immédiatement ?
Je m’y mets dès maintenant. Vous avez vu les délais qu’on m’a fixés ?
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