Larchant (77)
Dr Bernadette Lavollay
Pédiatre, formatrice en formation continue pour les maternités et services de néonatalogie à travers la France, je réagis à vos photos concernant la naissance. Notamment à celle illustrant l’article « bébés nés après terme : un risque majeur d’IMC ».
Vous y voyez un nouveau né manifestant les signes majeurs de stress et de douleur (cf. échelle EDIN de la douleur du nouveau né), crispé, hypertonique avec un visage exprimant au maximum ce stress. Une soignante avec des gants fait le prélèvement gastrique « d’usage ». Or ce bébé est parfaitement rose et vigoureux et ne nécessite en rien des soins urgents sur une table de réanimation.
Vous continuez, par cette image, à véhiculer les « normes françaises » d’accueil du nouveau né en maternité en cautionnant ce mode d’accueil, comme d’ailleurs dans les autres médias le plus souvent (cf. les reportages télévisés sur de grandes maternités).
Savez-vous que nous sommes pratiquement les seuls, en France, à accueillir les nouveaux nés de cette façon et que les publications scientifiques de toutes ces dernières années à travers le monde ont montré les effets délétères de ces pratiques et les bénéfices d’un accueil en peau à peau à la naissance tel qu’il est réalisé dans de nombreux pays européens et anglo-saxons ? Tous les travaux ont montré les bénéfices de cette pratique pour toutes les adaptations néonatales. Les formations continues, en lien avec de nombreuses sages femmes, pédiatres et obstétriciens, font un travail dans les maternités et services de néonatalogie pour remettre en question nos pratiques d’accueil à la naissance, comme l’on fait auparavant les formations sur les soins palliatifs qui ont profondément modifié l’autre tournant de la vie dans nos hôpitaux. Par ces quelques lignes, j’aimerais donc vous sensibiliser à cette question et vous inciter à illustrer la naissance par d’autres images, qui témoignent d’une adaptation à la naissance plus harmonieuse et dans la sécurité, et tellement plus belles ! (....)
Il est temps de réfléchir sur ce que nous véhiculons par ces images et peut-être de les changer.
Courville (28)
Dr Noël Tallet
"Soviétisation" de la médecine libérale
Merci pour la lecture du Quotidien du Médecin du 28 juin et de l’interview du directeur de l’assurance-maladie. Il affiche son autosatisfaction devant le nombre de médecins qui ont adhéré au CAPI mais il oublie les 70 % de médecins qui n’ont pas signé cette CAPItulation du libéralisme.
Son objectif est de réduire, voire d’anéantir le paiement à l’acte avec des multiples contrats de santé, véritable spécialité de la bureaucratie. Quant à moi, quand je serai totalement "payé" par l’assurance-maladie et ma caisse primaire, j’adopterai une attitude de salarié : 35 heures de travail hebdomadaires, c’est-à-dire fermeture du cabinet à 16 heures, week-ends systématiques, plus jours fériés, plus congés payés.
Honte et malheur à la "soviétisation" de la médecine libérale.
Rennes (35)
Dr Julien Eschermann
Pourquoi s’en prendre aux médecins esthétiques ?
Je suis à la fois dépité et en colère en voyant comment sont traités mes confrères médecins esthétiques, en particulier par leurs conseils ordinaux. Il semblerait qu’une cabale soit montée pour être ainsi et sans cesse la cible d’intimidations, de tracas, de menaces et enfin de plaintes émanant de l’Ordre.
Si nous pratiquons une médecine qui peut différer de la médecine classique dite de premier recours, mes confrères et moi-même ne sommes ni des charlatans, ni des escrocs.
Comme d’autres expertises médicales, la nôtre s’est développée en accord avec un véritable besoin de la population et s’inscrit dans une pure démarche de santé publique. Est-il besoin de rappeler que nous prenons en charge, non seulement le vieillissement dans son aspect visible, mais également sous l’angle de la prévention ? Est-il besoin de rappeler que nous assurons une prise en charge globale de nos patients, approche holistique dans laquelle toutes les compétences médicales doivent pouvoir être appelées ? Si nous traitons une ride par une technique de comblement, faut-il rappeler que nous y associons très souvent une prescription de conseils hygiéno-diététiques ? de thérapeutiques anti-aging ? d’approche
Nutritionnelle ?
Au nom de quelle déontologie vient-on nous accuser de “pratiques interdites??, de “manquement à la probité?? ? de “commerce??, alors que tout médecin libéral gagne sa vie par le nombre de patients qu’il lui est permis de voir ? Certains élus auraient-ils le droit de gagner de l’argent et d’autres de n’être que les effecteurs d’un système de soin en déroute ?
Faut-il rappeler à certains de ces messieurs conseillers ordinaux, nécessaires gardiens par ailleurs de la déontologie de notre profession, que nous sommes tous égaux face à notre diplôme de Docteur en Médecine et qu’il nous est par conséquent tout à fait permis de pratiquer notre art dans les limites que nous fixe notre compétence ? Que devient notre dernière liberté à savoir celle de notre prescription ?
Je prends l’exemple en date, celui de la toxine botulique.
Le dernier bulletin du Conseil National de l’Ordre nous rappelle son interprétation du bon usage de cette dernière dans l’indication esthétique. Seule une liste limitative de praticiens présentant certaines qualifications seraient autorisés à l’utiliser ?
Personne ne se préoccupe de savoir s’ils ont été formés à cela !
On dit que les médecins généralistes n’ont pas le droit d’utiliser la toxine botulique(...). Elle est pourtant accessible à tous les praticiens dans tous les pays européens frontaliers de la France. Pensez-vous réellement que les médecins français soient moins compétents que leurs confrères ? (...)
Ne nous laissons pas une nouvelle fois intimider !
Faut-il enfin rappeler que mes confrères et moi-même avons suivi, à nos frais et mus par notre conscience professionnelle, une formation initiale post-universitaire et que nous assurons notre formation continue régulièrement ? (...)
L’entraide confraternelle et le partage des connaissances sont deux principes inscrits dans notre serment d’Hippocrate ; je me pose la question de la confraternité aujourd’hui lorsque des médecins en arrivent à ces extrêmes.
Paris
Gérard Noët
Pharmacien biologiste
Démagogie et lâcheté politique
Je viens d’enregistrer la démission d’une technicienne de mon laboratoire d’analyses après plus de dix de bons et loyaux services pour aller travailler à l’hôpital public. C’est la deuxième démission en trois ans pour le même motif : « à l’hôpital public, on travaille moins et on est mieux payé que dans le privé ».
Et c’est vrai !
D’ailleurs, toutes les personnes qui passent du privé au public se font gourmander les premiers jours de travail par leurs collègues fonctionnaires : « tu travailles trop vite, tu nous casses le boulot ».
Pour mémoire, 80 % du déficit de l’assurance-maladie provient des hôpitaux publics dont les tarifs sont considérablement plus élevés que ceux des cliniques privées.
Lisez la campagne de presse de la FHP (Fédération Hospitalière Privée) mais c’est toujours aux professions de santé du secteur privé que la sécu demande de faire des efforts en imposant des baisses ou des stagnations tarifaires (baisse de 20 % du prix des analyses médicales et consultation du médecin généraliste à 22 euros depuis des années).
Dans une entreprise, si l’on veut rétablir un équilibre financier, on s’attaque aux plus grosses dépenses et pas aux plus petites. Et ces entreprises en déficit ne distribuent pas des 13e et 14e mois à leurs employés. La sécu continue à le faire ! Et regardez la grille des salaires des cadres supérieurs de la sécu., vous verrez que ces cadres ne sont pas à plaindre.
Le Pr André Grimaldi n’a bien entendu pas tort dans ses critiques et je trouve honteux que la rémunération d’un professeur de médecine chef de service, "senior" soit infiniment moins élevée que celle d’un crétin qui tape dans un ballon de foot, ou de celle d’un ex-inspecteur général des finances promu directeur général d’une banque ou d’une compagnie d’assurance, ou de celle d’un politicard cumulard plus ou moins illettré.
C’est un difficile problème auquel sont confrontés nos politiciens depuis une trentaine d’années :
- L’équilibre des comptes de l’assurance-maladie
- La juste rémunération des médecins et des professionnels de santé
- Le maintien à un haut niveau de la médecine française.
Ne vous leurrez pas, la médecine française est en train de mourir.
Le Pr André Grimaldi a raison, l’hôpital public sera privatisé et pire l’assurance-maladie sera confiée à des assurances privées. Voilà le résultat de cinquante années de démagogie et de lâcheté politique.
Seuls les riches pourront se faire soigner.
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