QU’ON NE S’Y TROMPE PAS. La dernière livraison de l’Ordre national sur la démographie médicale signe la fin d’un mythe, du moins d’un modèle d’exercice qui a longtemps écrasé tous les autres : celui du jeune médecin (un homme le plus souvent) qui, au terme d’une dizaine d’années études, optait pour une installation libérale dans un cabinet isolé et choisissait une carrière en forme de sacerdoce. Car même si on pressentait la tendance, la statistique de l’« Atlas » de l’Ordre est spectaculaire : moins de 10 % des nouveaux inscrits s’installent aujourd’hui en pratique libérale. Les autres recherchent massivement le salariat (66 %) et 25 % optent pour le remplacement, devenu mode d’exercice à part entière (le cap des 10 000 remplaçants a été dépassé ce qui représente 5 % des médecins inscrits).
Ce chiffre de 10 % de nouvelles installations libérales fait réfléchir. Illustre-t-il, comme l’affirme radicalement MG-France, un « rejet de l’exercice d’une extrême gravité » chez les médecins généralistes, qui risque d’accroître la désertification ? Ce phénomène reflète-t-il dans le monde médical la génération des 35 heures et des RTT ? S’explique-t-il d’abord par la peur du grand saut, des contraintes, de la pression, voire de la coercition, et surtout de l’isolemement auquel les jeunes médecins, nourris à la culture hospitalière, ne se sentent absolument pas préparés ? Dans un contexte de féminisation de la profession, l’appétence actuelle des jeunes médecins pour le salariat (hôpitaux, EHPAD, établissements de soins palliatifs, collectivités locales, PMI…) est-elle irréversible ou les choses peuvent-elles s’inverser dans les prochaines si des décisions rapides et fortes étaient prises pour les médecins libéraux en matière de rémunération, de conditions d’exercice, de simplification administrative ou de regroupement ? « Le Quotidien » a tenté d’analyser les raisons de cette révolution de l’exercice.
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