Députés, sénateurs, maires… Nombreuses sont les personnes à vouloir mettre un terme à la liberté d’installation en envoyant les jeunes médecins exercer dans les zones sous-denses. Une nouvelle proposition de loi coercitive a récemment été portée par le député PS de Mayenne Guillaume Garot. Elle a été rejetée il y a quelques jours.
Depuis son arrivée au ministère de la Santé, Agnès Buzyn répète son opposition à cette voie, et a même affirmé fin janvier qu’une telle mesure ne « pénaliserait que les jeunes ». « À chaque fois qu’un gouvernement a voulu aller dans ce sens, il s’est heurté aux médecins et a toujours reculé. À gauche comme à droite », remarque Claude Pigement.
Mais cela pourrait changer, estime Frédéric Pierru : « À un moment donné, les pouvoirs publics vont être pris en étau. Les déserts médicaux sont de moins en moins tolérables. Il y a donc une pression citoyenne car les ministres ont des électeurs. » Le chercheur prédit la fin de la liberté d’installation dans les dix ans à venir.
Si elle qualifie la mise en place d’un conventionnement sélectif de « difficile » « car les médecins libéraux ne sont pas des fonctionnaires », Marisol Touraine n’écarte pas la possibilité de le voir s’imposer un jour. « Si les mesures de restructuration prises pour faciliter l’installation des médecins ne suffisent pas, les Français exigeront sans doute autre chose, en vertu de leur droit à des médecins en proximité », explique l’ancienne ministre de la Santé. « Les professionnels doivent jouer le jeu des mesures incitatives, prévient Marisol Touraine. Ils ne peuvent pas être uniquement en opposition. »
Intouchable liberté d’installation ?
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