En novembre dernier, le Parlement avait adopté, dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2022, un article qui prévoyait, à titre expérimental, l'accès direct aux kinés (sous certaines conditions) dans six départements français et pour une durée de trois ans maximum.
Plus de six mois après son adoption, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) rend public, ce mercredi 11 mai, un rapport de diagnostic et d'information sur le sujet. Ce rapport avait été commandé préalablement par le ministère de la Santé début octobre.
Des positions largement antagonistes
Basée sur l'audition des « conseils nationaux des Ordres des médecins et des masseurs-kinésithérapeutes, des syndicats représentatifs des deux professions, ainsi que plusieurs sociétés savantes et conseils nationaux professionnels (CNP) », le rapport met en évidence leurs positions « largement antagonistes ».
Sans grande surprise, le rapport révèle ainsi que cet accès direct est jugé « souhaitable » pour les représentants des masseurs-kinésithérapeutes. Ceux-ci estiment que l'accès direct « peut intervenir sans surcoût pour l’Assurance maladie et sans risque pour la santé du patient, les professionnels étant formés, ou pouvant rapidement l’être, à apprécier les cas où le recours à une expertise médicale serait nécessaire ».
À l'inverse, pour la plupart des médecins auditionnés par la mission « un diagnostic médical doit précéder l’intervention du masseur-kinésithérapeute, en raison du risque que des pathologies ne soient pas repérées et au nom de la continuité du parcours de soins ».
L'Igas note par ailleurs que « nombre d’entre eux redoutent que leurs adressages au masseur-kinésithérapeute passent au second plan dans l’activité d’un auxiliaire médical qui aurait un domaine autonome d’activité ».
La mission relève cependant « que les représentants des structures d’exercice coordonné, qui constitueront les acteurs de l’expérimentation, se sont montrés davantage favorables à la perspective d’une ouverture d’un accès direct, dès lors que celle-ci se met en œuvre dans le cadre d’équipes coordonnées structurées, utilisant des systèmes d’information partagés (...) ».
18 recommandations
Dans son rapport l'Igas émet une liste de 18 recommandations nécessaires au bon déploiement de cette expérimentation.
Parmi elles, la saisie sans délai de la Haute Autorité de santé (HAS) « de questions précises visant à déterminer le champ d’activité (profils de patients, types de pathologies) pouvant faire l’objet de soins de masso kinésithérapie en accès direct sur des fondements scientifiques, ainsi que les conditions de mise en œuvre de ces soins ».
Elle préconise par ailleurs d'engager rapidement des discussions avec l'Union nationale des caisses nationales d'Assurance maladie « au sujet des modalités de prise en charge financière des soins réalisés en accès direct ».
Autres recommandations ? La mise en place d'une formation ad hoc « axée sur le développement et/ou la validation des compétences » des kinés pour leur permettre de travailler en parfaite autonomie.
L'élargissement des zones géographiques concernées par l'expérimentation pour tirer le maximum d'enseignements du dispositif est également une action sollicitée par l'Igas.
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