Le ministre de la Santé et de la Prévention est contre la coercition et il le fait savoir ; dans un contexte agité, quelques jours avant le lancement du volet santé du Conseil national de la refondation (CNR) et de l’examen du PLFSS 2023. Dans un entretien au Monde ce vendredi 30 septembre, François Braun assure rester « opposé à la coercition à l'installation » des médecins. « Pas par dogme, mais parce que ça ne marche pas », précise-t-il. « Dans les déserts médicaux, on va devoir faire la guerre avec les troupes qu'on a, en misant sur la coopération entre les acteurs », a-t-il ajouté.
Parmi les pistes évoquées : une simplification des dispositifs d'aides. « Tous les territoires seront incités à ouvrir des "guichets uniques" permettant de répondre aux questions qui se posent à l'installation », a-t-il souligné. Autre levier : le renforcement des « assistants médicaux, qui permettent d’augmenter de 10 % la patientèle d'un médecin ». Le ministre de la Santé a insisté auprès des journalistes du Monde : « mon objectif est que chacun ait un médecin traitant ».
La 4e année, pour consolider le cursus
Le gouvernement a également prévu d'ajouter une « année de consolidation » au cursus des futurs généralistes, qui serait effectuée hors de l'hôpital et en priorité dans des zones sous-dotées. « Il n'a jamais été question, je le redis, de les obliger à faire cette année à un endroit ou à un autre », a martelé le ministre. « La seule obligation sera de faire ce stage en ambulatoire. Le reste relèvera de l'incitation. »
François Braun s’est dit « favorable à ce que les internes puissent faire, plus tôt, dès leur troisième année d’études, des stages ailleurs qu’en CHU et partout sur le territoire ». Selon lui, « une des façons de renforcer l'exercice dans les zones où les praticiens manquent est de s'intéresser aux médecins et futurs médecins qui en sont issus », en leur dédiant des bourses et des aides.
Le CNR, pas une énième concertation sur le diagnostic
Le volet du CNR consacré à la santé, dont le lancement avait été annoncé pour fin septembre, débutera le 3 octobre au Mans (Sarthe). « L'objectif est de réunir autour d'une même table, à l'échelon local (...) des citoyens et des professionnels de santé volontaires, des élus, une centaine de personnes en tout, pour réfléchir autour de "figures imposées" », a détaillé le ministre.
« L'idée n'est pas de lancer une énième concertation sur le diagnostic – on le connaît – mais de faire émerger les solutions imaginées et attendues localement », a-t-il poursuivi.
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