Pour répondre à la crise de la démographie médicale et sous couvert de dégager du temps aux médecins, plusieurs transferts de compétences et délégations de tâches ont été entérinés ces derniers mois.
Si cette tendance a été engagée dès 1999 avec le droit de subsitution accordé aux pharmaciens (voire frise chronologique), elle n'a fait que s'accélérer depuis.
Glissements de terrain
En effet, entre septembre 2018 et avril 2022, douze mesures allant dans le sens de la coopération entre professionnels de santé et paramédicaux ont été actées. Et quand lorsqu'on parle de coopération, bien souvent cela se traduit par des délégations de tâches ou des transferts de compétences.
Parmi elles, la création, en 2018, du statut d'infirmier en pratique avancée (IPA) ou plus récemment l'ouverture aux infirmiers, sages-femmes et pharmaciens du droit d'administrer, selon différentes modalités, quinze vaccins (voire frise chronologique).
Les dernières loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) auront également été l'occasion, pour les pouvoirs publics, de déléguer certaines tâches à des paramédicaux et pharmaciens.
La dernière en date a notamment provoqué la gronde des médecins libéraux en actant des expérimentations en faveur de l'accès direct aux kinés et aux orthophonistes ainsi qu'en permettant aux IPA d’assurer la primoprescription pour des prescriptions médicales obligatoires.
Ce texte a aussi ouvert la voie à une expérimentation dans trois régions françaises de la prise en charge par l’Assurance maladie des substituts nicotiniques lorsqu’ils sont prescrits par les pharmaciens d’officine sans ordonnance.
De plus en plus de coopération entre professionnels
Ces coopérations voulues ou subies ont inéluctablement renforcé l'exercice coordonné ou regroupé entre professionnels de santé. Celles-ci se sont d'ailleurs concrétisées par le déploiement progressif, dès 2007, des maisons de santé pluriprofessionnelle (MSP) et plus tard, en 2016, des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).
Une étude de la direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (Drees) publiée en 2019 révélait d'ailleurs que 61 % des médecins généralistes exerçaient en groupe, soit 7 points de plus qu'en 2010. Une tendance encore plus importante chez les jeunes médecins puisqu'ils étaient plus de 80 % à exercer en groupe.
S'agissant de la coopération médecin-assistant médical, dont le statut a été créé en 2019 (voire frise chronologique), elle se met progressivement en place.
Selon le rapport charges et produits 2022 de l'Assurance maladie, à la mi-juin 2021, 2 026 contrats d’assistants médicaux avaient été signés, dont 1 634 avec des médecins généralistes et 392 avec des spécialistes. Ces contrats représentaient 1 093 ETP (équivalent temps-plein) d’assistant médical.
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