LES RECOMMANDATIONS de la Haute Autorité de santé (HAS) révélées la semaine dernière (« le Quotidien » du 23 octobre), ont suscité l’adhésion des acteurs de la lutte contre le sida, tels que le CNS (Conseil national du sida) et des associations comme Act UP ou Aides. La Société française de santé publique (SFSP) se félicite à son tour de cette évolution du dispositif et de la politique de dépistage de l’infection à VIH en France. « L’objectif est de proposer systématiquement le test de dépistage VIH à toute la population sexuellement active. Cette proposition large contribue à banaliser la démarche du test, notamment à l’occasion des contacts avec le système de soins et ainsi favoriser son acceptabilité », souligne la SFSP. Selon elle, « les dispositifs issus de ces recommandations doivent être mis en uvre dans les meilleurs délais ».
Grande vigilance.
La SFSP, qui se félicite du choix retenu par la HAS de la proposition de test, et donc du consentement, plutôt que celui de l’obligation, appelle toutefois à « une grande vigilance » quant au « respect d’un acte proposé et non imposé, car dans la pratique quotidienne, la limite entre proposition et imposition de fait n’est pas toujours éloignée ». Elle rappelle aussi que l’accompagnement de cette « démarche élargie de proposition de dépistage et de remise des résultats n’est jamais anodine ».
Dans ses recommandations, la HAS suggère plusieurs pistes pour améliorer l’offre de dépistage. En premier lieu, elle propose de renforcer le rôle des médecins généralistes et de développer « l’utilisation des tests de dépistage rapide en cabinets de médecine générale, afin de faciliter l’accès au dépistage des populations dont le recours au dispositif actuel est insuffisant ». Les modalités du counseling (information-conseil) devraient être assouplies : la proposition de test « peut être limitée à la délivrance d’une information adaptée afin d’obtenir un consentement éclairé et à l’appréciation de la personne à recevoir le résultat du test », précise la Haute Autorité.
Le recours volontaire au dépistage pourrait aussi se développer en offrant la possibilité de réalisation du test de dépistage directement dans les laboratoires d’analyse de biologie médicale. Dans le cas d’un test réalisé en l’absence de prescription sur demande expresse du patient, la HAS considère qu’il appartient « au biologiste d’informer lui-même le patient. La remise du résultat doit alors se faire lors d’un entretien au cours duquel le biologiste conseille au patient de pendre contact avec son médecin traitant ». Quant aux dispositifs dédiés, la HAS souligne que « les CDAG (centres de dépistage anonyme et gratuit) doivent conserver une place essentielle » mais que cette mission doit être repensée dans le cadre de la fusion avec les CIDDIST (centres d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles). Les CDAG/CIDDIST se verraient attribuer des missions complémentaires, notamment en matière de suivi et de prise en charge de l’infection par le VIH : prescription d’un traitement post-exposition, réalisation d’un bilan initial en cas de diagnostic d’infection, actions de dépistage décentralisées dans les locaux associatifs. La HAS juge opportun d’ouvrir la possibilité d’une levée de l’anonymat, qui peut constituer un obstacle à la continuité de soins, à condition d’avoir l’accord exprès du consultant.
Rôle reconnu des associations.
Une place nouvelle est reconnue aux structures associatives au sein du dispositif de dépistage. « Les structures associatives ne devraient pas être considérées comme en concurrence avec les dispositifs dédiés existants mais plutôt comme les relais de réponses spécifiques visant à atteindre une population qui ne se fait pas ou insuffisamment dépister et à intégrer le dépistage dans le continuum des actions de prévention associatives. »
La HAS rappelle aussi les recommandations existantes concernant le dépistage prénatal : proposition au moment de la 1 re consultation prénatale dans le cadre du bilan biologique réalisé de façon systématique, au cours du 3 e trimestre de grossesse aux femmes séronégatives exposées à un risque, aux conjoints et futurs pères à la naissance.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention