Très médiatisée, l’affaire d’Angoulême (voir dans Le Généraliste n° 2657, p. 6, le portrait du Dr Louis-Adrien Delarue) oppose depuis plusieurs mois les généralistes angoumoisins aux autorités. Avec, au cœur de la contestation, les réquisitions pour les examens médicaux en garde à vue. Ce cas pourrait ne pas être isolé, commme si les réquisitions administratives étaient en train de devenir le point dur des réquistions. Sans être aussi vives qu’à Angoulême, les tensions semblent en effet latentes partout où les médecins sont réquisitionnés pour des raisons de procédure. Le Dr Patrick Chemin, régulièrement réquisitionné dans le cadre de la PDSA, pense pour sa part que les tâches administratives sont la véritable raison des réquisitions. « On a besoin des médecins de garde pour les alcoolémies, les certificats de décès, les gardes à vue… , dit-il. Et le préfet veut se couvrir administrativement. », argue-t-il. Ce qui est compréhensible quand on sait que l’absence de médecin peut saper la procédure et faire tomber à l’eau la garde à vue.
À Angoulême, par exemple, plusieurs gardes à vue ont dû être levées en l’absence d’examen médical. « Angoulême ça peut paraître un cas isolé. C’est simplement le seul cas où c’est avoué par la préfecture », commente le généraliste. En clair : ce serait pour une urgence judiciaire et non pour une urgence médicale que les médecins seraient désormais réquisitionnés !
Un moyen peu cher Les autorités locales auraient-elles trouvé dans les réquisitions des généralistes libéraux un moyen relativement peu cher d’assurer ces gardes administratives ? Pas sûr. Même si un autre confrère, le Dr Jaques Marlin, fait remarquer que les unités médico-judiciaires, employant des médecins salariés, coûtent trop cher pour être généralisées. Pour l’heure, en effet, en dehors des grandes villes, peu sont les zones dotées d’unités médico-judiciaires et « les examens des gardés à vue sont encore très majoritairement réalisés par les médecins de garde », confirme le dernier rapport de l’Ordre sur la permanence des soins.
Article précédent
« Ils nous font passer pour des bandits »
Article suivant
« Deux actes par week-end alors que les urgences sont à un km ! »
« Dans trois gardes sur quatre, il n’y avait personne »
« La fin des réquistions ? C’est complètement faux! »
« Ils nous font passer pour des bandits »
Un cas à part ?
« Deux actes par week-end alors que les urgences sont à un km ! »
Quatre généralistes font vivre à tour de rôle un cabinet éphémère d’un village du Jura dépourvu de médecin
En direct du CMGF 2025
Un généraliste, c’est quoi ? Au CMGF, le nouveau référentiel métier redéfinit les contours de la profession
« Ce que fait le député Garot, c’est du sabotage ! » : la nouvelle présidente de Médecins pour demain à l’offensive
Jusqu’à quatre fois plus d’antibiotiques prescrits quand le patient est demandeur